L’expérience Client

Parmi mes nombreuses activités pour développer mon cabinet, je suis toujours en veille à propos du marketing et de la communication autour du métier d’avocat. J’ai découvert il y a quelques années des sites américains dédiés au sujet (alors qu’en France, clairement il n’y a rien !! ou presque…). Je suis toujours étonnée quand je pose la question à ce propos à des Confrères. Peu ont réfléchi au sujet, se sont positionné, ont mis en place des outils.

J’ai l’impression (mais je me trompe peut-être…) qu’en France, il y a un tabou à ce sujet. Un avocat doit attendre sagement derrière son téléphone (ou son écran) qu’un client le contacte. Alors, bien sur, nos règles professionnelles là dessus sont très strictes mais plein de choses sont possibles et il faut à minima se poser quelques questions !

Donc, la semaine dernière, je lisais un article qui parlait de « l’expérience client » (j’ai trouvé un autre article qui explique plutôt bien le concept pour ceux que cela intéresse..:-)). Si j’essaye d’expliquer, ce serait ce que vit votre client quand vous traitez un de ses dossiers. Et les avocats (moi y compris, j’avoue) ont tendance à penser que s’ils sont de bons « juristes », au sens technicien du droit, cela suffit alors que pour un client, ce sera bien sur le minimum syndical !

Et donc, l’article expliquait qu’il fallait se demander quelle expérience nos clients vivent quand on traite leur dossier et que même si on fait bien son job, l’expérience client peut être mauvaise et on risque alors de perdre son client pour l’avenir. L’auteur encourageait donc à se poser la question de « comment améliorer l’expérience de son client ? ».

Je pense que chaque chef d’entreprise devrait se poser cette question mais j’avoue que je me demandais ce que concrètement, cela pouvait signifier…

Et ce matin en allant au café, j’ai compris à quoi pensait l’auteur de l’article !

Je m’explique : à côté de mon bureau, il y a plusieurs cafés : un est vraiment juste à côté, il sert des salades très bonnes à des prix très raisonnables et pourtant ce matin, je me suis dit que je n’y irais plus.

Pourquoi ? C’est peut-être très bête, mais en fait, la raison est qu’ils ne sont pas sympas. Cela fait deux mois maintenant que j’y vais très souvent (un café tôt le matin, souvent un déjeuner..) et j’ai remarqué qu’ils ne disent JAMAIS bonjour, jamais un sourire, RIEN.

Au début, je me disais que pourtant, ils devraient remarquer à force que je viens souvent, mon visage doit leur devenir familier, je suis toujours polie (j’essaye, vraiment…) et je crois être quelqu’un de très abordable (les gens qui me connaissent ici savent qu’on peut même me qualifier de bavarde !!).

Et pourtant, RIEN, JAMAIS. Et au bout d’un moment, en fait, j’ai remarqué que c’était pareil avec tous les clients, pas seulement moi.

A chaque fois, je me disais « bon, c’est le matin tôt, ils démarrent leur journée, ils pensent à autre chose » ou alors « bon, c’est le rush du déjeuner, ils sont occupés, c’est normal ».

Mais ce matin très tôt, 3 jeunes filles sont entrés dans le café avec leurs valises et ont demandé un petit renseignement : elles ne trouvaient pas le numéro 1 de la rue. Et là, sans les regarder, le patron leur a dit « sais pas », sans un mot de plus. Alors, ok, ce n’était pas des clientes, il pensait peut-être à autre chose (bon, j’étais la seule cliente et il ne faisait rien de particulier….donc, il n’était pas spécialement débordé). Et cela m’a choqué. Je connais bien sur la réputation des parisiens d’une manière générale et des serveurs plus particulièrement, mais quand même !

Et j’ai compris à ce moment là ce que j’attendais dans un café de mon expérience client, pas juste un prix, pas juste un produit, mais aussi, j’avoue, un service et donc, un petit mot, un bonjour, un « comment ça va aujourd’hui ? ».

Et ce café là n’est pas au niveau de mes attentes.

Donc, je crois que j’ai finalement compris à quoi pensait l’auteur de cet article quand il évoquait l’expérience client.

Alors, évidemment, cela ne veut pas dire qu’un avocat doit être « sympa » mais il s’agit juste de se demander ce que disent (ou pensent) les clients de nous. Je serais triste d’apprendre qu’on pense de moi que je suis « efficace, à des prix raisonnables et parfaitement odieuse » ou alors « juridiquement, c’est solide, mais les rendez-vous sont baclés en 15mn, et on n’a jamais le temps de poser des questions ».

Je crois que personne n’a envie d’avoir affaire à un avocat antipathique, je crois qu’on préfère quelqu’un qu’on sent intéressé par notre histoire, par notre entreprise, quelqu’un pour qui on n’est pas simplement une question de droit à régler, quelqu’un qui nous accorde du temps et qu’on sent à l’écoute. Et j’espère que c’est l’expérience que vivent mes clients mais je sais que je peux m’améliorer bien sur !

Par exemple, depuis le début d’année, je fais des sondages de satisfaction auprès des mes clients mais je réfléchis à comment les améliorer, trouver plus de critères sur lesquels mes clients pourraient donner un avis pour que cela soit plus constructif pour eux et pour moi.

Et vous ? Est ce que vous avez trouvé des moyens d’améliorer votre expérience Client ?

P.S : si vous vous demandez ce qu’il est arrivé aux jeunes filles, je suis sortie pour voir si je pouvais aider. Elles arrivaient de Grenoble, venaient pour passer un entretien pour une école d’ingénieur et n’avaient jamais les pieds à Paris.

Je leur ai demandé à voir leur convocation (je me doutais de leur erreur) et elles s’étaient évidemment trompées (l’adresse n’était pas à Paris, mais à Arcueil !!). Enfin, bref, je leur ai expliqué comment y aller (en les prévenant qu’elles allaient passer par Châtelet et pour une première fois à Paris, c’est pas facile !!!). Elles sont reparties un peu stressées d’arriver en retard mais au moins dans la bonne direction…

 

Que faire pour obtenir le renouvellement de mon bail commercial ?

Mes clients ont souvent une activité « traditionnelle » (restaurant, salon de coiffure, etc..) et donc ont évidemment des locaux et un bail commercial.

Si vous n’avez pas de bail commercial, je ne sais pas si vous pouvez mesurer l’importance de ce contrat (enfin, j’imagine qu’un peu quand même, mais bon..). Pour ce type de commerces, leur bail est une source de stress énorme, les commerçants ont trimé pour développer une clientèle qui est forcément liée à ce lieu et ils ne peuvent pas se permettre de perdre cet emplacement.

Ce qui explique qu’ils deviennent très fébriles au moment du renouvellement de leur bail commercial.

Mais avant d’aborder ce point, je dois expliquer quelques petits détails. Quand je demande à mes clients quel type de bail ils ont (oui, il y en a plusieurs), ils ne me répondent pas « Bail Commercial » mais plutôt 3/6/9.

Je suis sure que vous avez déjà entendu ce terme. Il fait référence à la durée du bail commercial : il est en principe de 9 ans mais peut être résilié (uniquement par le locataire) à la date anniversaire des 3 ans ou des 6 ans.

Et donc quand se rapproche la date fatidique des 9 ans, les commerçants stressent et souvent font des bêtises. La plus commune est d’appeler son bailleur pour lui demander si on peut renouveler le bail. Vous vous demandez sans doute pourquoi c’est une erreur, cela semble au contraire un comportement plutôt censé et responsable. Mais malheureusement, c’est souvent la première d’une série d’autres erreurs.

Donc, après avoir pris son courage à deux mains, le locataire demande son renouvellement et la réponse la plus courante qu’il obtient est « Mais oui, bien sur ! ». Il est soulagé, content, il vient de sauver son activité commerciale, mais évidemment, la conversation continue.

Le propriétaire lui dit « oui, enfin, faut qu’on discute du NOUVEAU loyer, parce que dans le quartier, les prix flambent et j’ai des demandes tous les jours d’autres locataires ! Mais bon, je vous aime bien, alors, je vous propose qu’on augmente seulement de 25% le montant du loyer ».

A ce stade, le locataire (on dit en réalité le preneur en matière de bail commercial) a du mal à avaler sa salive. Il commence à discuter « 25%, c’est beaucoup, etc… ». Au terme d’une longue conversation, il arrache un 15% d’augmentation et il est tout content !

Dans une autre version de cette histoire, le preneur a affaire non pas à son bailleur directement mais à une agence qui gère le bien. Rebelote, appel, question, et la réponse est différente « Oui, bon, ok, on va vous le renouveler, il faut qu’on rédige un nouveau bail, donc, le prix c’est 5.000 euros » (je précise tout de suite pour ceux qui s’étouffent en lisant les montants que ce sont de vrais exemples arrivés à mes clients…). Et là, le locataire tire encore un peu la langue et se dit «  5.000 euros, c’est cher pour un bail, encore un avocat qui s’enrichit à tous les coups ! Mais bon, au moins, je suis tranquille pour 9 ans de plus, ça vaut le coup ! » et accepte et donc paye !

Il m’est arrivé une fois d’avoir le client au téléphone AVANT qu’il paie (il voulait quand même vérifier qu’il ne faisait pas de bêtise), je me souviens lui avoir dit en hurlant « JE VOUS INTERDIS DE PAYER !! » (oui, parfois, je dépasse un peu les bornes).

Et si vous vous demandez pourquoi cela m’a mis tellement en colère, la réponse est simple : c’est parce qu’un preneur de bail commercial a DROIT au renouvellement de son bail. C’est aussi bête que cela. C’est le principe même du bail commercial, il se renouvelle par périodes de 9 ans et dans les mêmes conditions que le précédent (et donc au même loyer). Et autre petit détail qui a son importance, le loyer du bail commercial est plafonné pendant toute sa durée. Cela veut dire qu’on peut l’augmenter mais seulement en appliquant un indice INSEE soit tous les ans, soit tous les 3 ans.

Donc, clairement, un bailleur ou une agence qui propose soit de faire payer ce renouvellement, soit d’augmenter fortement le loyer, pour moi, on est à la limite de l’arnaque (ok, c’est légal si le commerçant l’a accepté, mais cela ne rend pas cela plus moral pour autant…).

D’ailleurs, dans la série des « petites arnaques », il y en a une autre qui a lieu au moment du renouvellement. Notre commerçant toujours stressé appelle donc son propriétaire pour le bail et à sa question, il a une réponse formidable « Mais oui, bien sur, je vous renouvelle, mais non, pas la peine d’écrire quoi que ce soit, on est entre nous, on se fait confiance ! ». Et il ne se passe rien.

Le bail continue de courir, pendant un an, pendant 2 ans, pendant 3 ans. Notre commerçant est content ! Sauf qu’après les 3 ans, il reçoit la visite d’un huissier qui lui explique que son bail a duré 12 ans sans avoir été (officiellement) renouvelé et que maintenant le propriétaire peut augmenter fortement le loyer. C’est fatal et dans un cas pareil, ne m’appelez pas, je ne peux rien faire (Bon, en réalité, vous pouvez m’appeler, on se battra sur le montant du nouveau loyer, mais il sera forcément augmenté…).

Donc, si vous avez tout suivi, vous vous demandez sans doute « Ok, sandra, mais j’ai pas compris un truc, d’un côté, tu dis qu’on a le droit au renouvellement, donc pas la peine de faire un nouveau bail et de l’autre, tu dis qu’il faut un renouvellement officiel !! Je comprends plus rien ».

En fait, c’est assez simple, si vous avez un bail et qu’il approche de son terme, il faut simplement prendre une petite précaution : demander le renouvellement de votre bail par écrit (on peut maintenant le faire en courrier recommandé A.R et 6 mois avant la fin du bail). Et si votre bailleur ne répond rien dans les 3 mois, c’est bon, vous avez obtenu officiellement votre renouvellement de bail.

Donc, surtout, si vous envoyez ce courrier, gardez bien la copie et l’accusé de réception (d’ailleurs, vérifiez bien de l’avoir, certains bailleurs sont malins et ne vont pas les chercher ! et dans ce cas, allez voir un huissier pour qu’ils signifient directement votre courrier) et voilà, vous savez que vous avez bien un bail qui redémarre pour 9 ans au même loyer que le précédent !

Petite précision : ces articles ont vocation à vous donner une information juridique « de base » et aussi quelques réflexes pratiques. Mais le bail commercial est une matière vraiment complexe, donc, en cas de doute, surtout consultez quelqu’un (et même éventuellement moi) !

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Vite, toujours plus vite…

 

Je sais que je ne suis pas la seule à le dire, mais tout va trop vite ; attention, je ne suis pas contre la rapidité. Les gens qui ont travaillé avec moi vous le diront sans souci, je suis speed, trop speed. Je parle vite (et beaucoup aussi, mais bon, c’est un autre sujet et je suis avocat !), j’agis vite, je veux que les choses avancent. En résumé, je suis fatigante.

Donc, si moi (comme beaucoup d’autres, je sais…), je dis qu’on va trop vite, croyez moi, c’est que c’est vraiment devenu n’importe quoi.

Je m’explique :

J’ai commencé à bosser à une époque où le plus rapide qu’on pouvait faire pour communiquer, c’était un fax (pour les plus jeunes, ça ressemble à cela). Donc, ça voulait dire écrire la lettre, l’imprimer, la corriger éventuellement (oui, c’est la base du métier d’avocat, on relit les documents uniquement en version imprimé, sinon on ne voit pas les erreurs), l’imprimer de nouveau, le passer dans le fax en attendant le grésillement de la machine et waouh, on avait le sentiment d’être des flèches !

J’ai commencé à bosser à une époque où dans les cabinets d’avocats, il y avait des bibliothèques, des belles salles majestueuses, remplies de Jurisclasseurs (imaginez un énorme livre de magicien comme dans les films, avec des pages très, très fines écrites en tout petit). Et donc, pour faire une recherche, il fallait en chercher un, voire deux, voire trois (selon le thème de votre question de droit) et TOURNER LES PAGES. On prenait des notes sagement, dans une pièce qui était calme et dédiée à la réflexion. Je ne me rendais évidemment pas compte à l’époque que cela ne durerait pas.

J’ai commencé à bosser à une époque où les clients (c’était dans la même domaine évidemment, donc la même clientèle, des chefs d’entreprise) quand ils voulaient prendre des nouvelles de leur dossier nous écrivaient des lettres (oui, des lettres manuscrites, qu’ils avaient posté, truc de dingue aujourd’hui quand on y pense). Parfois, quelques appels, mais c’était plutôt le cas des clients qui avaient des grosses entreprises.

J’ai commencé à bosser à une époque où quand on partait du bureau, on arrêtait de travailler ! Ben, oui, pas de portable, pas de mail, pas de fax à la maison. Donc, on partait peut-être tard mais quand on rentrait chez soi, c’était FINI. Il fallait attendre le lendemain pour recommencer.

Autant vous dire que ce n’est plus comme cela que ça se passe.

Aujourd’hui, j’ai des clients qui m’envoient des mails lundi à 11H32 pour me dire qu’ils m’ont appelé à 10h50 parce que je n’ai pas répondu à leur sms envoyé dimanche à 07h17. Oui, oui, oui.

Et le pire, c’est qu’en agissant ainsi, au lieu d’avoir un message incendiaire de ma part leur disant « mais ça va pas bien la tête, non !!! », ben, en fait, je leur réponds (alors, un peu aussi pour que ça cesse, j’avoue…).

J’ai des clients qui m’appellent pour me poser une question de droit assez technique et s’étonnement sincèrement quand je leur dis que je dois faire des recherches pour valider la réponse, qu’il faut un peu se plonger dans la Jurisprudence (et attention, je n’utilise pas cet argument pour facturer plus, je travaille exclusivement au forfait !). Ils me disent souvent « mais la recherche, vous la faites tout de suite sur Google, c’est ça ? ».

Alors, je vais profiter de cet article pour casser un mythe.

De la même manière qu’on ne va pas sur Doctissimo parce qu’on est malade et qu’on cherche des réponses (parce que dans tous les cas, c’est soit une maladie mortelle, soit un truc avec un traitement à vie avec des séquelles hyper lourdes…jamais Doctissimo ne vous dit « c’est rien, petit virus, dans 3 jours, ça passe… »), quand on cherche une réponse à une question de droit, on ne va JAMAIS sur Google.

Pourquoi ? parce que souvent, vous tombez soit des articles rédigés par des personnes dont vous ne savez rien (et je réalise que moi aussi, je publie des articles parfois à thématique juridique, hum, hum…), mais surtout, ils sont parfois périmés ! Ou ne s’appliquent pas du tout à votre cas (le cas le plus courant étant en droit du travail, où chaque cas est particulier, vraiment).

Donc, oui, j’explique aux clients qu’il faut souvent que je cherche la réponse à leurs questions et ça les étonne ! Pour revenir à ma comparaison médicale, cela ne choque personne quand un médecin prescrit une prise de sang ou une radio pour valider un diagnostic, et bien, nous c’est pareil. Il nous faut du temps…

Et aujourd’hui, on en manque cruellement, non ?

Je suis la première à trouver formidable les gains de temps que nous permettent la technologie. Par exemple, lundi, Barbara, ma collaboratrice, m’a envoyé un mail alors que je sortais à peine du bureau, elle a été se chercher un verre d’eau et j’avais déjà répondu. Elle m’a écrit en me disant « Mais déjà ?????? Comment vous faites ??? », cela m’a fait rire bien sur et en même temps, cela m’a désolé. J’ai répondu à un mail en marchant les 20 mètres qui séparent la porte de mon bureau de la grille d’entrée…Et j’avoue qu’après réflexion, je n’en suis pas fière.

Qu’est ce que j’apprends à ma collaboratrice en agissant ainsi ? Qu’elle devrait elle aussi me répondre si elle sort du bureau ?? Alors, j’essaye vraiment de ne pas écrire aux personnes avec qui je travaille en dehors des heures de bureau mais ma journée de travail commence souvent très tôt et se termine très tard – avec des interruptions dans la journée pour ceux qui s’inquiètent ! – et donc, dans ce cas, je prends le temps d’écrire « JE VOUS INTERDIS de répondre à ce mail maintenant » mais bon, elle va quand même le lire, donc, ce n’est pas génial non plus… (en écrivant cet article, je réalise que je devrais demander à Barbara si elle a paramétré son téléphone avec sa messagerie professionnelle, j’espère vraiment que non !).

Comme tout le monde, je participe à cette course contre la montre et si pendant longtemps, cela m’a amusé, cela est de moins en moins le cas. Tout simplement parce que les sources ne cessent de se multiplier : j’ai des messages sur mon mail, des sms, des appels téléphoniques sur mon portable, sur la ligne du cabinet, j’ai des conversations sur twitter, facebook, instagram, whatsapp, linkedin, etc.. La semaine dernière, j’avais une conversation avec un ami à la fois sur twitter et instagram, j’ai fini par lui dire « est ce qu’on peut choisir un seul endroit pour cette conversation ? je deviens schizo !!! ».

Et souvent, bien sur, je perds le fil. Je commence à répondre à un sms mais j’ai un appel, donc, forcément, je réponds et j’oublie que je n’ai pas envoyé le sms (dites moi que cela vous arrive aussi !!) et j’attends une réponse…

Je réalise que cet article est un peu décousu mais finalement, c’est assez normal. Il est à l’image de ce que j’essaie de dire. C’est qu’à vouloir aller trop vite, à vouloir plus d’efficacité, plus d’immédiateté, on oublie de prendre le temps, prendre le temps de réfléchir vraiment à la question posée, prendre le temps de choisir sa réponse avec soin.

Et dans mon métier, comme dans beaucoup d’autres, le travail de qualité ne se fait qu’en prenant son temps. Donc, après avoir publié cet article, je vais couper mon téléphone, ma messagerie, tout accès au net et relire tranquillement ce contrat que je dois envoyer à un client.

Que faire si je ne suis pas satisfait de mon prestataire ?

 

Quand on accompagne des chefs d’entreprise, un problème qu’on rencontre souvent est le mécontentement face à un prestataire. Quel que soit votre activité, la taille de votre entreprise, votre niveau d’expérience, vous aurez à gérer cette situation. Donc, je me suis dit qu’il serait peut-être utile de donner quelques conseils pratiques.

En tant qu’avocat, je pourrais vous faire un long article expliquant en long et large la nécessité de faire rédiger un contrat avant de faire appel à un prestataire. Je pourrais vous dire comment cela mettra les choses au clair, comment cela vous protégera, évitera les malentendus, etc… Et bien sur, ce sera la vérité. Un contrat est toujours la meilleure solution !

Sauf que dans la réalité, ce n’est pas parfois pas si simple et surtout je devrais dire que malheureusement, ce n’est pas gratuit (ah oui, j’en profite pour rajouter que NON, il n’existe pas de modèle pour cela..désolée, je casse un mythe mais je vous jure que c’est vrai !).

Donc, selon l’envergure du projet que vous souhaitez confier à votre prestataire, faire appel à un avocat pour rédiger un contrat sera plus ou moins pertinent.

Par exemple, si vous êtes une maison d’édition et que vous faites appel toutes les semaines à des auteurs pour rédiger des articles ou des textes, faire rédiger un contrat-cadre est sans doute un bon investissement ! Il va certes représenter un coût important au démarrage mais vous servira très régulièrement et surtout protège le cœur même de votre activité.

En revanche, si vous ouvrez un salon de coiffure et que vous avez besoin de faire des travaux dans vos locaux, ou si vous voulez mettre en ligne un site internet (je ne parle pas de sites marchands, plus complexes) pour donner de la visibilité à votre activité d’imprimerie, faire rédiger un contrat par un avocat représente selon moi un coût trop important.

Mais attention, cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas se protéger pour autant !

Et donc, il existe quelques précautions basiques qui pourront faire la différence en cas de difficultés.

Il y a tout d’abord deux choses importantes à savoir en matière de droit commercial :

La première est qu’un contrat est conclu dès qu’il y a accord sur la prestation et le prix (il ne faut donc pas forcément un écrit) mais plus important encore, la deuxième chose à noter est que la preuve de ce contrat est libre (rappelez vous que cet article ne s’adresse qu’à des chefs d’entreprise, donc si vous êtes un simple consommateur, vous êtes soumis à des règles différentes !).

Cela veut dire que même si vous n’avez pas signé de contrat, vous pouvez utiliser un bon de commende ou vos mails par exemple pour prouver vos accords avec votre prestataire.

Donc, maintenant qu’on a éclairci (enfin, j’espère…surtout, dites moi si ce n’est pas suffisamment précis !) cela, on peut parler de ce que VOUS pouvez faire pour éviter les soucis avec votre prestataire.

  • Rédiger un bon de commande ou faire préciser le devis

C’est la base mais je suis souvent étonnée de voir que très peu de clients le font. Il faut écrire même succinctement ce qui est important pour vous dans la prestation.

Par exemple :

  • mentionner le délai de réalisation maximal (soit une durée, soit une date en précisant impérative si vous avez fixé une date d’ouverture de la boutique par exemple),
  • préciser les caractéristiques de la prestation (technologie souhaitée si vous confier la réalisation de votre site internet, ses caractéristiques, son architecture),
  • prévoir les modalités de réalisation si elles sont importantes (par exemple, si vous devez valider des étapes intermédiaires),
  • Etc…,

En résumé, vous écrivez (dans un langage très simple, pas besoin de termes juridiques !) tout ce qui est important pour vous dans la prestation demandée. S’il n’y a pas de bon de commande ou de devis écrit, vous pouvez aussi le faire dans un mail. La seule chose à faire est de demander à votre prestataire de vous confirmer son accord par mail (pour avoir une preuve que tout a été discuté et accepté).

Vérifier si votre prestataire a des CGP – CGU

Alors, cette partie est toujours la plus négligée et c’est bien dommage. Je sais bien sur que lire des CGV ou CGP (Conditions Générales de Prestations) est TRES pénible mais on a parfois de vraies surprises en les consultant, par exemple des possibilités d’ajustement de prix, des clauses d’exclusion de responsabilité, etc…

Je vous conseille donc d’y jeter un coup d’œil avant de signer un devis ! Et si vous voyez quelque chose qui vous choque, vous pouvez tout à fait demander à votre prestataire de supprimer telle ou telle clause dans un mail ou dans le bon de commande.

  • Alerter par écrit dès la première difficulté

Alors, si vous ne suivez pas mes conseils jusque là, je ne vous en voudrais pas mais si vous ne devez en retenir qu’un seul, c’est celui-ci.

Dès que vous remarquez un souci, un retard, quelque chose qui n’est pas conforme à vos attentes, ECRIVEZ !

Je ne parle pas forcément d’un courrier officiel, d’un recommandé ou autre, non, juste un mail rapide pour dire « je m’étonne de voir que vous avez déjà une semaine de retard, nous avions convenu de telle date pour la livraison, etc… » et surtout, surtout, assurez vous d’avoir une réponse (même si elle n’est pas satisfaisante, il faut juste pouvoir prouver que vous avez alerté, que vous n’étiez pas satisfait et que le prestataire a eu connaissance de votre mail). Il s’agit juste d’avoir au cas où une preuve de votre mécontentement si jamais la situation devait dégénérer.

Pour certains, cela semblera peut-être un conseil ridicule, parce que complètement évident. Mais d’expérience, on n’écrit pas toujours : parce qu’on ne veut pas se fâcher avec la personne, parce qu’on en a discuté au téléphone et qu’on ne va pas refaire un mail derrière, parce que tout s’était toujours très bien passé avec elle et qu’on espère toujours que les choses vont s’arranger rapidement.

Et j’ai très souvent des dossiers qui se terminent au contentieux sans que j’ai forcément les preuves que mon client n’était pas content de la prestation (et oui, la plupart de mes clients sont des gens plutôt sympas et pas procéduriers…).

Donc, vraiment, pensez au mail, vous me remercierez plus tard !

  • Mettre en demeure si les difficultés ne sont pas réglées

Et si malgré tout cela, la prestation ne se passe toujours pas comme prévu, il faudra vous résoudre à passer à l’étape suivante : la mise en demeure. Alors, si vous en êtes là, je vous conseille quand même d’envisager l’étape avocat, mais si vous n’avez vraiment pas les moyens, prenez votre plus belle plume et faites un courrier en mentionnant bien qu’il s’agit d’une « Mise en demeure » en précisant ce que vous attendez : soit la fin des travaux, soit la remise du document commandé, soit un remboursement parce que ce que vous avez reçu ne correspond pas du tout à ce que vous aviez commandé et bien sur, vous envoyez le courrier en recommandé avec accusé de réception.

Et maintenant, il ne reste plus qu’à attendre…Et prendre rendez-vous chez votre avocat !

Oui, parce que malheureusement, souvent, toutes ces précautions ne règlent pas tous les problèmes mais ont surtout vocation à vous permettre de gagner votre procédure judiciaire en vous garantissant les preuves qui convaincront le juge que la prestation n’était pas à la hauteur de ce qui était prévu initialement !

Voilà, surtout, si vous avez des questions sur ces démarches, n’hésitez pas à me les poser en commentaires, j’y répondrai volontiers.

Les résolutions de la rentrée

Je ne sais pas pour vous mais je fais partie de cette catégorie de personnes qui prennent des résolutions deux fois dans l’année : en janvier évidemment, mais aussi en septembre (oui, oui, j’ai bien intégré le rythme de la rentrée scolaire…).

C’est un sujet souvent débattu : Est-ce vraiment utile de se fixer des résolutions ? Est-ce efficace ? Est ce que cela finalement ne nous renvoie pas constamment à nos propres échecs, aux projets sans arrêt reportés ?

Je n’ai pas tranché cette question, je sais juste que j’adore le faire, cela m’aide à y voir plus clair. Et depuis 10 ans, j’ai même pris l’habitude de rédiger mes objectifs professionnels. Je le fais en janvier pour l’année et depuis cette année, je vais encore plus loin : je décompose mes objectifs mois par mois (oui, sinon, je trouve cela trop vague…).

C’est sur que cela me prend un peu de temps mais c’est un exercice que j’apprécie. Je m’interroge sur ce qui est vraiment important pour moi, sur ce que je n’ai pas encore atteint, là où je veux aller. Et je vais dans le détail : par exemple, niveau de chiffre d’affaires bien sur, mais type de dossiers, type de clients, des nouveaux outils à mettre en place au sein du cabinet (méthodologique, informatiques, etc…), des projets de communication. Enfin, bref, je note tout et ensuite je fais le point.

Donc, en rentrant de vacances, j’ai pris une heure pour faire le point et clairement, je dois améliorer ma présence sur les réseaux sociaux (je sais que j’ai déjà atteint un super résultat – première page de Google en 6 mois, je ne m’attendais pas à cela si vite – mais je veux aller bien plus loin).

Pour l’anecdote, quand j’ai débuté ma communication sur les réseaux sociaux en novembre dernier, je me souviens avoir dit alors à May (la fée qui m’accompagne sur ma communication pour ceux qui ne la connaissent pas encore) que je pouvais SANS PROBLEME écrire 3 articles par semaine.

Oui, j’ai mis en majuscules le « sans problème » pour assumer ici publiquement mes illusions de l’époque. Je me souviens très bien que May m’avait dit « oui, oui, ce serait formidable ! » et je crois qu’elle savait déjà, elle, que je me racontais une jolie histoire. Je pense que tous ses clients ou presque lui disent la même chose mais elle connaît son métier et sait que ce n’est pas si simple que cela.

Evidemment, j’ai déjà des journées chargées et ma priorité reste toujours les dossiers de mes clients. La communication ne vient pour moi qu’en dernier sur la liste (et je crois que c’est mon erreur…), donc le soir après une journée fatigante, je dois trancher cette question épineuse : écrire un article ou regarder netflix ? et je peux vous dire que malheureusement, Netflix gagne souvent…

Donc, après 10 mois de publication, je me suis dit qu’il était temps de faire un mini-bilan et voici mes résultats : j’ai rédigé en tout 28 articles, donc moins de 3 par mois (avec un seul article en mai !!!), au lieu de la douzaine prévue. Je suis donc loin, très loin du compte. Et pis encore, sur les 28 mis en ligne, seulement 5 ont un thème juridique. Alors que mon objectif était clairement de donner de l’information juridique pour les chefs d’entreprise ! Au lieu de cela, j’ai doucement (mais surement) laissé dériver ce journal vers mon quotidien d’avocat.

J’en entends déjà se marrer et ils ont raison. Il est plus facile pour moi de raconter rapidement une anecdote de ma vie professionnelle que de prendre le temps de rédiger un article d’informations.

En faisant ce point, je me suis demandée comment changer cette situation et j’ai repensé aux résolutions de la rentrée. J’aurais pu ne rien dire ici et reprendre tranquillement mes articles mais en matière de résolutions, il paraît qu’un outil efficace est d’annoncer aux autres ce qu’on veut faire ! Forcément, si on annonce qu’on arrête de fumer, c’est plus délicat de reprendre une cigarette devant tout le monde…

J’ai donc décidé de me fixer un vrai calendrier éditorial et d’essayer de publier 2 articles par semaine en alternant un thème juridique et un autre sur mon métier, mes questionnements ou mon quotidien. J’ai aussi décidé de bloquer chaque semaine 3h pour rédiger mes articles (et donc, je pourrais sans culpabilité regarder Netflix le soir ! Yes !).

J’ai déjà rédigé mon programme de septembre et même rédigé les 2 premiers articles… Rdv en octobre pour voir si j’arrive à tenir le rythme !

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Back to work !

Me voici de retour après près de 3 semaines d’absence ! Je n’avais aucune idée de l’article que j’allais bien pouvoir écrire pour cette reprise, sauf son titre. Pour gagner du temps, je me suis dit que j’allais commencer par chercher l’image d’illustration (c’est un des détails qu’on m’a expliqués quand j’ai commencé à communiquer sur les réseaux sociaux : « il faut toujours une image !! » ; je sais d’ailleurs que maintenant, il faut absolument faire des vidéos. A priori, les gens cliquent plus sur des vidéos, ce qui m’étonne mais si Facebook le dit, c’est sans doute vrai. Je me creuse depuis un moment pour trouver une idée de vidéo intéressante, mais j’avoue que je ne vois pas encore trop…d’ailleurs, si vous avez des idées, cela m’intéresse !).

Enfin, bref, je disais donc que je cherchais une image d’illustration sur Pinterest en indiquant « back to work » en mots clés. Et j’avoue que j’ai été très étonnée : Toutes les images sont celles soit de bébés en larmes, soit de citations désespérées du style « je ne veux pas y aller !! ». Si vous ne me croyez pas, voici le lien ici !

Et là, j’avoue que j’ai été très surprise, mais vraiment sincèrement surprise. Je m’attendais plutôt à des citations du style « Yeah ! » ou « New Goal ! » (ok, je suis nulle en ce qui concerne l’invention de citations motivantes, mais je crois que vous voyez l’idée…). Et rien, pas du tout. Alors que mon état d’esprit au retour des vacances est toujours très positif. Je suis TOUJOURS contente de retrouver mon bureau, mon boulot, mes clients ; je me lance toujours des nouveaux objectifs, enfin, bref, J’ADORE la rentrée.

Donc, d’abord, je me suis demandée si j’étais normale (ben, forcément, si tout le monde traîne des pieds à l’idée de se remettre au boulot, ça en dit long sur moi, non ??). Et puis après, je me suis souvenue que je suis à mon compte depuis plus de 12 ans. Et je crois que cela fait toute la différence, vraiment.

Je retrouve un bureau dont j’ai choisi l’adresse (donc, pas de transports interminables qui vous mettent à bout en deux jours), les personnes avec qui je travaille (donc, pas de collègues désagréables ou de conflits de pouvoirs), mes dossiers et mes clients (donc, je ne fais que des choses qui m’intéressent avec des personnes qui me motivent et que j’ai envie d’accompagner) et je fais tout cela pour moi (et donc, pas pour un patron cassant).

Attention, je ne dis pas que tous les emplois salariés ressemblent à cela bien sur ! Je donne juste des exemples de ce qui peut plomber votre envie de retourner au travail et je reconnais ma chance de ne pas vivre ce quotidien là.

Alors, je ne veux pas non plus vendre de rêve et faire croire que mon boulot n’est que plaisir et joie, non, non, non. Croyez moi, j’ai mes moments de stress, de pression, de « j’en peux plus !! ». Mais, dans ces moments là, les vacances me font du bien et au bout de quelques jours, mon boulot me manque (vraiment !) et je suis ravie d’y retourner.

Et vous ? la rentrée, ça vous motive ou ça vous déprime ?

le stage de Natacha

Aujourd’hui je me suis dis qu’il serait sans doute opportun de commencer l’article dont Sandra m’avait parlé lors de mon entretien d’embauche et que j’avais accepté de faire.

J’ai décidé de l’écrire ce soir pour deux raisons : premièrement je savais si je ne l’écrivais pas rapidement,  je n’aurais pas le temps de l’écrire d’ici la fin de mon stage et deuxièmement, Sandra a dit quelque chose cet après-midi, sans s’en rendre compte, mais qui m’a fait étonnamment plaisir, elle a parlé de nous en disant : « la famille ». De ce fait, je dois avouer que je me suis sur-motivée pour l’écrire, ravie de pouvoir raconter à quel point ce mois de stage est passé vite, mais aussi et surtout, à quel point il m’a fait évolué.

Il semblerait que pour certains ce soit bizarre. D’ailleurs, Barbara m’a dit : « Mais tu ne peux pas être triste et pleurer au bout d’un mois de stage ?! » Et bien je pense que si, car moi, je suis bien ici.

L’an dernier, j’ai fait un stage au TGI de Bobigny car j’ai toujours espéré devenir Procureur de la République. J’y ai été désillusionnée et dégoutée de cet avenir que je voyais pourtant tout tracé. De ce fait, cela fait un an que je rumine dans ma tête dans l’espoir de trouver quelque chose à faire de ma vie.

J’ai fait ce stage pour être sur de ce que je voulais faire, et même si je n’ai pas tout à fait eu de gain de cause, je pense savoir néanmoins dans quelle voie je souhaite m’aventurer.

Cette expérience a été pour moi salutaire. Je pense avoir eu exactement ce à quoi je m’attendais, mais en mieux. Tout d’abord parce que Sandra et Barbara m’ont toujours traité comme une vraie collaboratrice et n’ont pas tenu compte du fait que je n’étais que titulaire d’une licence de droit ( à Assas quand même ), mis à part pour me faire des éloges.

Je pense que Sandra a bien du répéter 2000 fois par jour qu’elle n’était pas souvent là au bureau alors qu’elle a fait plus que n’importe quel maître de stage, en prenant du temps pour répondre à nos questions, et toujours faire en sorte de tirer le meilleur de nous.

J’ai acquis en un mois certainement plus de capacités que d’autres stagiaires en six : j’ai fait un dépôt de marque communautaire toute seule, un contrat cadre moi-même,  un dossier contentieux, j’ai rédigé des questionnaires afin de créer des contrats, appris à utiliser correctement une base de données et j’en passe.

J’ai également eu la chance d’être contente d’aller au bureau le matin et de travailler avec des gens qui s’intéressaient à moi, à mon travail et qui prenaient mon avis en considération. Je ne comptais que sur le fameux dicton « on est jamais mieux servi que par soi-même » et je me suis rendue compte que finalement le travail d’équipe était beaucoup plus avantageux et ne pouvais que nous pousser à l’excellence.

Sandra m’a demandé de parler de ce qui s’était bien passé et de ce qui s’était moins bien passé durant ce stage. Pour le négatif on repassera, car je n’ ai rien en tête ( mis à part l’absence de climatisation par 40°c….)  Même les petits « manques » concernant la décoration ou autre m’ont été bénéfiques dans la mesure où j’ai trouvé une excuse pour faire les soldes au boulot.

Non, vraiment, je suis heureuse de ce que ce stage m’ait apporté tant d’un point de vue humain que professionnel.

J’ai également reçu ma licence dans le même laps de temps. Je n’ai jamais été aussi fière de toute ma vie. Fière de rendre fières toutes les personnes qui m’entourent. Fière de moi d’avoir réussi à passer cette première étape malgré des moments difficiles.

Je suis consciente du fait qu’on ne fait rien avec une licence de droit mais je suis certaine que je ne m’arrêterais pas là. Je ne sais pas si je deviendrais avocat..

Mais je sais que je n’ai pas été déçue de ce que j’ai vu de ce quotidien ( mis à part les longues recherches juridiques.. ) Je n’ai pas réellement de modèle féminin dans le monde professionnel, mais si je décidais de prendre cette voie, je voudrais certainement ressembler à Sandra dans la mesure où elle représente exactement ce à qui j’aimerais ressembler plus tard : une femme forte, indépendante, courageuse, bourreau du travail mais épanouie par ce qu’elle fait et surtout par qui elle est.

Je finirai cet article en rappelant qu’on recrute chez Azria Avocats, et que si vous vous décider à postuler, c’est une belle expérience qui vous attend.

Faute avouée est à moitié pardonnée ?

Aujourd’hui, Natacha (pour ceux qui n’ont pas vu les épisodes précédents, Natacha est une stagiaire qui a rejoint le cabinet il y a 15 jours) m’a posé une question à laquelle je ne m’attendais pas : « je suis un peu déçue, je pensais qu’après 15 jours, vous auriez écrit un article sur Barbara et moi !(toujours pour ceux qui ne suivent décidemment pas, Barbara a également rejoint le cabinet, le même jour que Natacha) Vous racontez tout ce qui vous arrive dans votre vie professionnelle et vous n’avez même pas parlé de nous !! ».

Manifestement, Natacha était déçue et je lui ai donc fait un aveu. En réalité, j’ai écrit un article qui parlait (un petit peu) d’elle. Je l’ai même publié. Il est resté en ligne à peine une journée et je l’ai supprimé. C’est la première fois que je faisais ça (j’ai souvent eu la tentation de faire marche arrière, mais je ne l’avais jamais fait jusque là).

Et voilà, j’avoue, la semaine dernière, j’ai supprimé un article.

Pourquoi ? Tout simplement, parce que j’y faisais un aveu de faiblesse, je racontais que j’étais tombée malade et que pendant une semaine, je n’avais pas vraiment été à la hauteur.

Et donc, après quelques heures en ligne, je l’ai supprimé. Parce qu’assez rapidement, j’ai eu des mails de clients s’inquiétant de leur dossier, de leur deadline (et de ma santé aussi bien sur !!) et je me suis dit qu’il valait mieux le supprimer pour ne pas susciter de réaction négative.

Quand j’ai raconté cela à Natacha, sa réponse a été cinglante « et alors, vous n’avez pas le droit d’être malade, vous ?? ». Et je lui ai dit qu’effectivement, c’était compliqué, que pour les clients, leur avocat (oui, je suis avocat, pas avocate. Je suis totalement insensible à la féminisation des titres, mais c’est un autre sujet, alors même que je suis totalement, résolument, passionnément féministe) ne devait pas être faible, qu’une bonne partie de notre métier consiste à les rassurer sur notre capacité à gérer leurs difficultés.

Et donc, oui, j’avoue, j’ai été faible. Pas faible d’être tombée malade, pas faible d’avoir traîné pendant une semaine, non, cela c’était simplement être humain.

Ma faiblesse a consisté à fonctionner comme le font beaucoup de politiques : parier sur la médiocrité des gens, plutôt que sur leur intelligence. Je me fais souvent cette réflexion en écoutant les débats politiques « en fait, ils pensent qu’on n’est pas capables de comprendre !!! ». Et comme eux, j’ai cédé à cette tentation.

J’ai refusé de croire que mes clients comprendraient que oui, bien sur, comme tout le monde, je peux attraper la grippe et donc, être fatiguée. Et que ce n’est pas pour autant qu’ils vont retirer leur dossier du cabinet.

C’était idiot, évidemment.

Donc, parce que Natacha a attiré mon attention là dessus (et aussi, un peu pour lui faire plaisir parce que c’est un article qui parle un peu d’elle), je le remets en ligne ici. Et je fais un pari sur l’intelligence.

 

 

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Quand tout ne se passe pas comme prévu…

En général, quand j’évoque mon quotidien d’avocat, je trouve toujours quelque chose de positif à mettre en avant, j’essaie de le faire parfois de manière subtile (hum, hum…) ou détournée, mais j’essaie autant que possible de sortir la tête haute de mes articles. Sauf que ce soir, cela va être compliqué.

J’aurais voulu pouvoir vous raconter une semaine de réussite totale, la semaine où j’aurais accueillie deux nouvelles personnes au bureau (Barbara et Natacha, j’en ai parlé ici…) et bien sur, dans mon plan, cela se passait magnifiquement bien.

Je ne sais pas pour vous, mais moi, dans mes plans, tout se passe toujours super bien.

Parce que dans mon plan, j’ai anticipé les choses bien sur, et j’ai donc tout prévu :

  • les ordinateurs installés, paramétrés, avec internet qui fonctionne, la messagerie personnalisée, le réseau avec l’ensemble des dossiers accessible ;
  • la répartition des dossiers par matière souhaitée par chaque nouvelle collaboratrice ou stagiaire ;
  • les fournitures achetées et distribuées (je me souviens que c’était un de mes trucs préférés à chaque nouveau job : les fournitures !! Comme à la rentrée scolaire.. 😉 ;
  • les derniers détails manquants au bureau (les poubelles de bureau, c’est bête mais c’est pratique ! et j’en cherche désespérément des jolies…, la vaisselle pour déjeuner sur place si besoin, jolie aussi évidemment…etc…) ;
  • la méthodologie du cabinet personnalisée pour chacune…
  • Enfin, bref, un cabinet parfait avec une avocate parfaite qui vous accueille avec le sourire et vous souhaite la bienvenue !

 

Oui, j’aurais aimé vous raconter cette histoire là, sauf que cela ne s’est pas tout à fait passé comme prévu, évidemment…

D’abord, jusqu’à vendredi dernier, je n’avais strictement rien fait, débordée, pas le temps, je ferai tout cela tranquillement le week-end avant leur arrivée le lundi (ben quoi, je comptais large !!)

Et le petit grain de sable arrive, le truc qui vous démolit le plan parfait : je suis bêtement tombée malade.

Oui, je sais, c’est bête, je n’avais pas prévu. Et donc, je suis malade tout le week-end (mais vraiment malade, pas le truc où vous râlez gentiment mais bon, vous êtes debout quand même, malade, je ne PEUX pas bouger…) et je passe le week-end à prier qu’au moins lundi, ça ira, parce que bon, elles arrivent !!!

Et le lundi, évidemment, vous l’aurez compris, je suis toujours malade…Mais je vais au bureau quand même, je les accueille tant bien que mal, je leur explique « bon, j’avais prévu que tout serait parfait, mais en fait, non, mais bon, c’est pas grave, hein, je vais m’occuper de tout très vite ! » et je commence à parler, parler, leur expliquer le fonctionnement du cabinet, les premiers dossiers, et je parle, je parle..

Ensuite, je passe aux ordinateurs (que j’avais quand même prévu…il y a une limite à l’impréparation), et le sort se moque de moi : un des ordis ne marche pas, internet coupe, le nouveau ventilo (oui, quand même, j’avais prévu deux, trois trucs) marche lui mais est à peu près aussi efficace qu’un éventail troué.

Je vous assure qu’à ce moment, j’avais l’impression que TOUT se liguait contre moi pour que cette arrivée soit un échec. Mais je ne m’avoue pas vaincue (je ne m’avoue jamais vaincue, c’est mon grand problème) et je continue de parler, d’expliquer, d’essayer de préparer.

Et à 12h, forcément, je ne PEUX plus parler, ni bouger, ni rien en fait. Et là, je me résouds à l’évidence (je sais bien que pour ceux qui me lisez, c’est du bon sens, vous allez vous dire « mais enfin, Sandra, ne sois pas idiote, si tu es malade, tu restes chez toi !!! » mais ceux qui sont à leur compte, dans une petite structure, eux me comprendront, j’en suis sure !).

Et donc, lundi à 12h, l’évidence, c’est d’aller chez le médecin bien sur. J’en sors avec la confirmation que je suis bien malade, une ordonnance d’une page et une recommandation de repos strict.

Mais bien sur, si j’avais écouté ce conseil, cet article aurait eu une dimension positive et j’avais prévenu que ce n’était pas le cas. Donc, 2ème grosse erreur, je ne rentre pas chez moi, non, bien sur, je retourne au bureau.

On ne peut pas dire que je suis très efficace mais bon, j’y suis, j’essaie de régler tous les petits soucis techniques et d’aider autant que possible Barbara et Natacha dans leur installation, sauf qu’en fait, je ne suis bonne à rien.

Mardi, rebelote, j’y retourne, internet fonctionne et elles ont retrouvé un accès aux dossiers, c’est déjà ça !

Sauf que moi, mon état ne s’arrange pas vraiment, au contraire et qu’en plus, les mauvaises nouvelles s’enchaînent (oui, en général, vous le savez, c’est la loi des séries) : je reçois une assignation d’un mandataire judiciaire pour un client que j’apprécie vraiment beaucoup (on avait fait la liquidation judiciaire de sa boite 3 ans auparavant, j’en garde d’ailleurs un souvenir à la fois parmi les plus tristes de ma carrière mais aussi parmi les plus émouvants : ses salariés venus assister à l’audience pour le soutenir et tout le monde en larmes à la fin dans les bras les uns des autres…). Et donc, ce monsieur qui s’est battu pendant des années pour sauver sa boite mais surtout et avant tout les 20 emplois concernés (en perdant au passage la totalité de ses économies) se voit réclamé 1 million d’euros pour des fautes de gestion (qu’il n’a absolument pas commises évidemment !).

Donc, je reçois cette assignation et j’en suis encore plus malade, le pire étant qu’en l’appelant pour en discuter, je réalise qu’il n’est absolument pas au courant, que je le lui apprends et il se prend le ciel sur la tête. Autant vous dire que je n’en mène pas large quand je lui parle…

Et donc, la semaine continue à l’image de ce naufrage, rien ne va, je dois appeler des clients pour leur dire que je suis malade et que je dois décaler des éléments que je devais leur envoyer (oui, je préfère toujours dans ce cas anticiper et dire, désolée, je n’ai pas pu mais je fais ça au plus tôt, je crois que les clients préfèrent à la fois l’honnêteté et surtout d’être informés avant de relancer parce-qu’ils ne reçoivent pas la réponse attendue).

Je réalise trois jours après que j’avais fixé un rendez-vous téléphonique à une étudiante pour l’aider à se préparer à un entretien hyper important pour elle et que j’ai juste complètement oublié (bon, j’ai vu sur les réseaux sociaux qu’elle avait été reçue à ce Master le plus recherché en Droit des affaires et ce sans aucun conseil de ma part, donc cela me soulage un peu..), je dois l’appeler pour m’excuser mais j’en suis encore rouge de honte..;

Et donc, voilà, ce soir, je me résous à l’évidence, cette semaine aura été un échec sur toute la ligne, l’arrivée de Barbara et Natacha loupée, cette semaine que j’avais pourtant idéalisée n’est pas à la hauteur (et moi non plus évidemment).

Et la seule note positive que j’ai pu trouver à cette mésaventure, c’est me dire « et oui, parfois, les choses ne se passent pas comme prévu, je n’aurais pas été parfaite comme je le voulais, mais bon, tant pis, j’ai fait au mieux avec la situation que je devais gérer ». Et le pire, c’est que cela m’aide un peu de le penser.

 

 

Pour ceux qui veulent vraiment une happy end : Ce matin, Natacha recevait son diplôme de fin d’année. Elle nous a raconté en arrivant au bureau sa fierté d’être la première diplômée de la famille, ses petits frères qui étaient venus et qui avaient mis un costume pour l’occasion, sa mère qui appelait sa grand-mère en Facetime pour assister un peu à l’événement avec un sourire et des larmes dans les yeux dont je me souviendrai longtemps.

 

 

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Communiquer ou bilan de mon site après 6 mois..

Aujourd’hui, j’ai eu May au téléphone, on avait convenu de faire un point sur mon site, voir comment le peaufiner, l’améliorer. En réalité, May me l’avait proposé depuis des mois mais comme toujours, j’ai laissé filer le temps.

Après 6 mois, c’était enfin le temps de parler du site et j’ai adoré cette conversation. Parce qu’avec May, ce n’est jamais juste un point sur le nombre de visites (je crois même qu’on n’en a pas parlé) mais elle m’interrogeait : Comment je me sentais avec le site ? Quels étaient les retours ? Comment je prenais le fait de publier des articles ?

Je lui ai dit ce que m’ont dit quasiment tous mes clients : que le site me ressemblait ou plus exactement qu’ils m’y reconnaissaient, qu’il était différent des sites d’avocat « classiques » mais justement plus « humain ».

Enfin, bref, je me suis dit que c’était aussi l’occasion de faire un point ici sur cette nouvelle façon de communiquer pour moi. J’y pensais depuis quelques jours quand j’ai lu un article sur Linkedin dans lequel je me suis reconnue. L’auteur expliquait sa peur de publier ses articles sur les réseaux sociaux et je dois avouer que je partage complètement ce sentiment.

Quand j’ai commencé ces articles il y a 6 mois, je pensais leur donner une orientation très juridiques, des conseils pratiques pour les chefs d’entreprise, pas des kilos de jurisprudence ou de doctrine mais des outils quand on n’a pas forcément les moyens de faire appel à un avocat.

Et je ne sais pas comment, mais le ton a progressivement basculé, je suis passée sur un registre plus personnel, des articles où je parle de mon quotidien d’avocat, des questions que je me pose sur le développement de mon activité, mes bureaux, mon équipe.

En réalité, si je suis honnête, je réalise qu’il y a deux raisons à cela : la première, c’est plus facile ! Et oui, quand je dois juste raconter ma vie, pas de recherches à faire, j’avoue que cela me prend beaucoup moins de temps (et le temps est toujours une denrée après laquelle je cours…).

La deuxième raison est aussi que je crois que cela suscite plus de réactions. Sur un article juridique, il y aura peu de commentaires (et c’est logique bien sur). Quand j’évoque mon quotidien, cela suscite des remarques, des interrogations et donc de l’échange et c’est ce que je préfère !

J’ai même découvert avec beaucoup de plaisir que des confrères me lisent.

Alors, je dois aussi avouer que cela n’est pas simple de se raconter : je n’ai jamais été très fan des réseaux sociaux (je n’avais pas de compte FB il y a 6 mois, c’est dire !), et à chaque fois que je publie, j’ai d’abord une réaction de panique. Je me dis « mais c’est NUL !! Quel intérêt de raconter cela !! Je vais perdre toute crédibilité auprès de mes clients !!! » (je n’oublie pas que si j’écris c’est dans une démarche professionnelle, pour donner de la visibilité à mon cabinet).

Et donc, les premières minutes après le clic de publication sont stressantes, je l’avoue bien volontiers. Je n’ai aucune difficulté à plaider, à prendre la parole devant 200 personnes, à animer des conférences, mais la publication est un vrai moment de solitude.

Parfois, je n’ai que très peu de retours (les fameux Like, une drogue dure ce truc…) ou pas de commentaires et je me remets en question. Et à d’autres moments, les choses s’emballent et je suis ravie, j’essaye d’ailleurs de répondre à chacun.

Donc, en résumé, communiquer (ou en tout cas essayer) n’est pas une chose facile mais c’est souvent gratifiant.

Et maintenant, vous vous posez peut-être la question (personnellement, je me la poserai) : « ok Sandra, tu es contente, tant mieux pour toi ! mais est ce que cela sert à quelque chose ??? Est ce que tu as eu des clients grâce à cela ??? ».

Et je dois dire que ma plus grande surprise vient de là, des résultats obtenus en 6 mois à peine.

Quand j’ai lancé le site avec May, elle m’avait dit qu’en publiant régulièrement (et je suis très, très loin de mes prévisions là dessus, je pensais publier au minimum 2 articles par semaine…cette blague !), je verrai des résultats en 6 mois. Je lui faisais confiance mais je ne voyais pas trop le type de résultats que je pourrai avoir.

Et donc, après 6 mois, voilà ce qui s’est passé :

  • la première surprise : mon classement sur Google ! Je suis passée en 6 mois sur la première page Google avec la recherche « avocat TPE » et « avocat PME »  !! et ce sans payer aucune publicité, ni aucun vrai travail de référencement (May a proposé de me former là dessus, mais encore une fois, le temps…). Elle m’a dit à plusieurs reprises qu’en sélectionnant un peu mieux mes mots clefs sur certains articles, j’aurais encore plus de visibilité mais bon, j’avoue, là dessus, je suis nulle ! je ne comprends rien aux mots clefs recherchés par les gens…

Je crois d’ailleurs que le  m’a trouvé comme cela, en tapant « avocat TPE » et ensuite en allant lire mes articles ! Je trouve cela très surprenant !

Grâce au site mais surtout au guide fait avec May, j’ai eu une énorme surprise. Je n’ai pas encore le droit d’en parler (encore quelques mois de patience), mais j’avoue que c’est à ce jour, le résultat auquel vraiment je ne pensais pas en me lançant sur le net. Je laisse un peu de suspens bien sur, mais j’en parlerai dès que ce sera possible.

  • Et maintenant, parlons des clients ! Alors, incroyable mais vrai, OUI, j’ai eu des nouveaux clients grâce à internet. Ils ne m’ont pas trouvé sur le net mais grâce aux articles (les fameux like qui vous permettent d’être vus sur les pages de plein de monde…et oui, ce n’est pas que gratifiant, cela est aussi utile !!!). J’avoue que j’étais sceptique au début : quels types de clients allaient arriver ?? Je ne croyais qu’au bon vieux « bouche à oreille ». Comme je me trompais ! En lisant mes articles, ces nouveaux clients ont surtout découvert ma vision du métier, mes valeurs. Ils ne savaient pas si j’étais une avocate efficace et je crois qu’ils m’ont tous dit « bon, on va voir un premier dossier et ensuite on avisera ! ». Et je dois dire avec une grande fierté qu’ils m’en ont ensuite confié d’autres !

Un autre résultat (peut-être plus logique…) est le retour d’anciens clients, des personnes que j’avais perdues de vue (grosse erreur de ma part, tous les spécialistes du marketing vous le diront, il FAUT régulièrement s’adresser à ses clients pour ne justement pas perdre le contact !). Je ne faisais pas de newsletter, rien, dans le meilleur des cas, une carte de vœux en fin d’année et c’était tout ! Et voilà, comment on perd des clients précieux (alors qu’ils étaient à priori satisfaits de mon travail..). Et donc, quand ils m’ont vue réapparaître sur le net, écrire ces articles, ils m’ont recontacté et c’est une marque de confiance que j’apprécie à son juste prix.

Donc, en conclusion, cette expérience est pour moi très positive. Je pense que ce n’est que le début (j’ai prévu de faire un autre point en fin d’année évidemment) et que si je fais les choses un peu plus sérieusement, avec plus d’assiduité (sans que cela nuise aux dossiers évidemment qui restent ma priorité absolue), j’aurais encore plus de résultats.

  • Et donc, si certains d’entre vous qui me lisent hésitent à sauter le pas, à écrire des articles pour se donner une visibilité professionnelle, sincèrement, faites le, cela vaut le coup !

Histoire de mon canapé ou comment passer un bon début de week-end

 

Cette semaine, une de mes clientes a été assignée. Je reçois donc un mail d’un Confrère qui me transmet les éléments. Je l’appelle pour en discuter. Il se révèle très sympathique (ce qui est plutôt agréable, notre métier est déjà assez dur, si en plus, on peut éviter de se taper dessus entre Confrères, je préfère).

Après ce premier contact, il va consulter mon site (peut-être par curiosité, ou pour confirmer mon adresse professionnelle, je ne sais pas…) et laisse un commentaire : « euh, il y a un canapé dans vos locaux, pas sur que ce soit autorisé par notre règlement… »

Je réponds en blaguant (j’étais absolument convaincue qu’il plaisantait…cela ne m’a pas traversé l’esprit une seconde qu’il pouvait être sérieux là dessus !) et j’oublie l’histoire, surtout que certains ici le savent, mais mon canapé, je l’adore ! J’ai choisi la couleur et le tissu sur mesure, j’ai attendu 8 semaines pour le recevoir, cela a conditionné le reste de ma décoration, enfin, bref, ce canapé, c’est tout un truc !

Deux jours plus tard, nous échangeons de nouveau des mails par rapport à notre dossier commun et je lui écris : « au fait, merci d’avoir été voir mon site et d’avoir laissé un commentaire ! ah ah ah, vous êtes trop drôle avec votre histoire de canapé  » et là je réalise en lisant sa réponse qu’il est TRES sérieux et qu’il voulait vraiment attirer mon attention sur un manquement possible de ma part !

Je peux vous dire que je vis alors un horrible moment de solitude (c’est quand même très limite pour un avocat de ne pas maîtriser son propre règlement intérieur…et encore pire quand c’est un contradicteur qui attire votre attention sur le sujet, aussi sympathique soit-il) et je me dis que je dois creuser la question (en commençant déjà à me demander ce que je vais faire de mon superbe canapé !!!). Je repense aussi à TOUS les cabinets où j’ai bossé où j’ai toujours vu des canapés et ça m’énerve vraiment…

Et donc, ce matin, je profite du week-end et je me mets à chercher : Règlement Intérieur National, Règlement du Barreau de Paris, RIEN !! Je cherche même dans les décisions du Conseil de l’Ordre, RIEN !
Et finalement, je fais une recherche sur Google (au bout d’un moment, je ne voyais plus que ça) et je découvre avec stupeur cette fameuse règle de l’interdiction du canapé !!! Je trouve sur Twitter des Confrères qui se posent la question de la raison et un post dans un forum où un Ordre l’aurait autorisé exceptionnellement à une Consoeur parce qu’elle était enceinte de 6 mois mais en lui demandant de le retirer après son accouchement…

Je peux vous dire qu’à ce stade, j’envisage déjà le réaménagement de mon appartement pour faire entrer un canapé supplémentaire…
Bon, heureusement, je suis plutôt déterminée (et j’adore mon canapé !!!) donc je ne m’avoue pas vaincue et je continue à chercher…et là OUF, je découvre ça !

Donc, en résumé (je comprends que tout le monde ne lise pas forcément l’article en lien), il semblerait que cette règle ait bel et bien existé mais qu’elle a été supprimée depuis un moment (l’article de cet ancien Bâtonnier qui évoque sa suppression date déjà de 2009). Je pense même que cette règle a été supprimée avant ma prestation de serment !!!

Et faisant quand même confiance à un Bâtonnier quand il écrit que l’interdiction a été levée, je vais donc profiter encore un peu de mon canapé mais même si je suis un peu rassurée, je ne le suis pas non plus complètement…Donc, si des Confrères me lisent et en savent un peu plus sur le sujet, je prends toutes les infos officielles.

Pour les curieux qui se demandent pourquoi cette règle étrange : il semblerait qu’elle date d’une époque où on s’inquiétait « d’abus » éventuels d’avocats envers leurs clientes en situation de détresse…Mais là aussi, je veux bien une confirmation si quelqu’un en sait plus !

Conclusion : Il faut être prête à passer deux heures de son samedi matin à chercher une règle qui n’existe plus pour garder son beau canapé !

 

Quand on apprend à déléguer

 

Pendant très longtemps, j’ai pensé qu’il n’y avait que moi qui savais faire les choses comme je le voulais, j’ai toujours eu du mal à déléguer. Attention, je ne veux pas dire que je pensais être la seule à devoir tout faire, non, non, non. J’ai toujours eu une équipe pour m’aider et des personnes de grande qualité d’ailleurs.

Mais je n’ai jamais eu, jamais voulu d’assistante. D’abord, je préférais (en toute honnêteté) payer quelqu’un qui avait un profil d’avocat et donc qui pouvait m’aider dans le traitement des dossiers. Cela me semblait un investissement trop couteux et surtout qui ne rapportait pas de chiffre d’affaires directement.

Et récemment, grâce à un client, j’ai rencontré Caroline qui a créé depuis quelques années avec Julie son associée, une activité d’Office Manager externalisé (Perles Office). On avait discuté sur Facebook et finalement un jour, on a déjeuné ensemble.

Je n’étais pas sure de vouloir travailler avec une Office Manager : je me disais mais je n’ai rien à lui donner comme boulot ! ou alors, je le ferai beaucoup plus vite qu’elle, c’est du temps perdu !! ou encore, elle ne saura pas le faire exactement comme je le veux moi !!! oh et puis, autant être honnête, cela a aussi un coût !

Mais Caroline est une jeune femme dynamique, entreprenante et très rapidement, j’ai eu envie de travailler avec elle.
Elle m’a donc présenté Virginie, une de ses Perles. Nous avons passé une mâtinée toutes les trois à parler de mes besoins, de ce que j’aimerais lui confier et ce matin, Virginie est venue commencer à travailler au bureau.

Et je peux vous dire que je tombe des nues !

Pour l’instant, (rappelez vous, elle n’est arrivée que ce matin..), elle a déjà parfaitement intégré l’ensemble des projets que je veux mettre en place à moyen ou long terme, a créé une liste de tâches, les a décomposés en différentes missions en leur donnant une priorité. Enfin, comment vous dire, j’y vois CLAIR !

Avant, j’avais des tas d’idées et je n’avais évidemment jamais le temps de les mettre en œuvre, tout passait toujours après les dossiers. Et maintenant, je réalise que bien sur, je peux en confier une bonne partie, mais surtout le confier à quelqu’un de bien meilleur que moi pour les réaliser !

Depuis, je me dis que toutes ces belles idées vont enfin être mises en œuvre (certaines datent de 2008, hum, hum…oui, un peu comme pour mon site) et cela me donne une vraie satisfaction. Je réalise aussi que le budget dépensé va me permettre en réalité de dégager du temps pour des choses plus constructives et donc bien sur de me concentrer sur mon cœur de métier.
J’ai aussi le sentiment d’avancer à titre personnel. Quand on dirige une petite entreprise, on croit qu’on doit tout faire soi-même, vérifier chaque détail et en fait, non évidemment. Il faut simplement trouver les bonnes personnes et ensuite leur faire confiance. Et donc, voilà, aujourd’hui, je crois que j’ai trouvé MA perle.

Et vous, vous arrivez à déléguer ?

 

 

Mon article dans le Figaro

J’ai commencé à écrire cet article en fin d’après-midi pour arrêter au bout de quelques minutes, parce que cela sonnait faux, parce que je me suis demandée ce que j’essayais de faire passer comme idée.

Pour vous permettre de comprendre, je voulais parler de mon article paru mercredi dans le Figaro et vous dire à quel point j’étais contente, fière, vous dire merci de me suivre ici, bla bla bla…

Oui, bla bla bla, parce que j’ai commencé à réfléchir et je me suis dit « mais mince, pourquoi est ce que je suis si contente de cet article dans le Figaro ?? ».

Alors, si je suis tout à fait honnête, évidemment, cela fait une bonne publicité pour le cabinet, cela me donne une visibilité de quelques secondes (oui, parce qu’en réalité, je ne suis pas sure que beaucoup de gens l’aient lu…).

Mais ce n’était pas la seule, la vraie raison : j’étais fière de moi, oui, ma tête et mon nom dans le journal !!

Et je crois que c’est un peu la même chose avec les réseaux sociaux, on veut être suivi, lu, on compte le nombre de commentaires, de likes…

Mais en réalité, qu’est ce que cela change ? Est ce que je suis une meilleure avocate que la semaine dernière ? Evidemment que non ! Je peux vous assurer pour en avoir croisé quelques uns que les avocats « médiatiques » ne sont pas forcément les meilleurs (et de loin…).

Donc, je vais prendre cet article pour ce qu’il est : un petit moment bien sympathique, un peu comme quand on sort d’un restaurant où l’on a bien dîné et où l’on se dit, vraiment c’était sympa cette soirée ! Deux jours après, on n’y pense plus vraiment..

En revanche, je vais continuer longtemps à faire partie de ces milliers de confrères qui font leur travail sérieusement, sans qu’on parle d’eux, sans qu’ils soient connus, qui ne font certainement pas la Une du 20h (le rêve de tous les pénalistes !!! pour eux, c’est la consécration et la gloire assurée).

Alors, oui, c’est sur, j’avoue, cet article m’a surement fait plaisir pendant quelques jours mais en terminant ce post, je vais me remettre au travail, parce que finalement, il n’y a que cela qui marche vraiment auprès des clients, non ?

 

P.S : comme je ne suis pas à une ou deux contradictions près, je mets quand même le lien vers l’article (version papier Article FIGARO) et le lien vers une page où il est plus lisible (parce que quand même, j’essayais de donner une info juridique à la base !). Si cela peut être utile à une seule personne, cela me ferait vraiment plaisir !

Avant / Après

Je sais que j’ai radoté pendant des mois auprès de mes clients, mes amis, auprès de ceux qui gentiment me suivent ici et m’encouragent ou me félicitent, d’abord de ma recherche de locaux (cela a pris des mois !), de mes déconvenues (j’avais d’abord trouvé d’autres bureaux mais il y a eu tellement de péripéties que je les ai abandonnés), puis les travaux, puis les meubles…Enfin, bref, beaucoup de bla-bla pour quelque chose qui peut sembler anodin mais qui ne l’est pas pour moi.

Des bureaux pour un avocat, ce n’est pas un simple lieu de travail, c’est aussi une image de soi et les clients y sont souvent sensibles. Pour ceux-ci, je l’ai déjà raconté mais je fais un vrai pari. Un pari que mes clients ne s’arrêteront pas à une adresse moins chic (mais bon, j’avais mis la barre tellement haut dans le passé que je ne pouvais faire que moins chic…), un pari un peu comme celui que je fais ici en racontant mon quotidien d’avocat.

Quand j’ai commencé à travailler avec May sur le site, j’ai beaucoup tergiversé sur le choix des couleurs et elle m’a encouragé et soutenu quand j’ai décidé de faire quelque chose qui me ressemblait vraiment, à mon goût. Au début, je m’inquiétais vraiment, « est ce que cela allait plaire ou pas ?  » et les premiers retours ont été très positifs. Mais ce qui m’a fait le plus plaisir, c’est quand des gens qui me connaissaient (clients, personnes que j’ai rencontrées en formation, proches) me disaient « ah oui, en fait, ça (te) vous ressemble tellement ! ».

Quand on est avocat, être soi, ce n’est pas forcément une démarche naturelle. On est beaucoup en représentation, quand on plaide bien sur, mais aussi, dans les négociations d’affaires.

D’ailleurs, ces dernières semaines, j’ai eu deux retours de clients (que je pourrais maintenant qualifier de proches, je les vouvoie toujours, c’est une question de principe pour moi, cela les fait rigoler d’ailleurs, je pense qu’ils me trouvent un peu ridicule avec cela…) sur mon site et ma communication ici.

Ces deux clients (Oui, oui, je parle de vous, C. et O.) sont les deux personnes avec qui j’ai beaucoup discuté lors de la création de mon site. Je leur fais vraiment confiance, ils sont brillants, évoluent dans le digital et leur avis a de l’importance pour moi. Je voulais innover, casser un peu les codes classiques de l’avocat (je l’ai un tout petit peu fait en matière de facturation) et ils m’ont donné des conseils, des idées.

Et ensuite, ils ont commencé à me lire ici et m’ont fait la semaine dernière une remarque qui au début m’a un peu vexée (enfin, pas vraiment vexée, mais bon, étonnée). En résumé, ils m’ont dit tous les deux « alors, en fait, vous vouliez avec ce site faire l’avocat disruptif, digital, mais à la place, vous avez fait l’avocat humain ! ».

Evidemment, cela se voulait drôle (je me marre toujours beaucoup avec eux…) et un peu ironique mais j’ai réalisé qu’en fait c’était exactement cela. Totalement involontairement, ici, j’ai été sincère, j’ai raconté des histoires qui me tenaient à coeur. Et l’avocat « disruptif, digital, innovant » s’est éloigné et j’ai accepté d’être moi. Et tant pis si cela n’est pas conforme à l’image de l’avocat aux dents longues, impitoyable en affaires, dur, etc…

Et donc, vous vous demandez peut-être pourquoi raconter tout cela alors que j’avais commencé à parler de mes bureaux ??? Parce que tout cela est dans la continuité, mes nouveaux bureaux me ressemblent, il s’agit d’un open space, il n’y a pas de bureau de chef (tout le monde a le même en fait), il y a un énorme canapé (sans sa housse pour l’instant) parce que j’adore parler des dossiers, batailler sur un point de droit avec une collaboratrice mais en étant bien installée, j’ai choisi une décoration qui me plaisait, sans prétention, simple et confortable, sans me demander si cela allait plaire aux clients mais juste si cela me plaisait à moi.

Bon, maintenant, en toute honnêteté, si vous aimez aussi, j’avoue que je préfère…;-)

Un mail d’une étudiante

 

Je parle de temps en temps des cours que je donne à Assas (ici par exemple). Et la dernière fois, j’ai discuté (comme souvent d’ailleurs) avec trois étudiants à la fin du cours. On parlait du monde professionnel, des stages à faire pour avoir un bon CV, de la difficulté quand on doit par ailleurs financer ses études.

Alors, avant d’être enseignante à Assas, j’y ai été étudiante (il y a très, très, très longtemps…) et mes parents n’avaient pas les moyens de financer totalement mes études. Donc, je bossais en parallèle de mes cours comme vendeuse chez Kookaï et ce n’était pas simple de faire des stages (évidemment, ils étaient non rémunérés). Il fallait choisir entre gagner un peu d’argent ou construire son CV. Sans parler d’avoir en plus accès à un réseau et à un carnet d’adresses qui donne une porte d’entrée aux meilleurs stages.

Et donc ces étudiants me racontaient justement leurs mêmes difficultés, l’une d’entre elles m’expliquait qu’elle travaillait comme assistante pendant l’année dans un cabinet d’avocats (que je ne cite pas tout simplement parce-que cette décision ne m’appartient pas). Mais dommage que je ne puisse pas le faire parce-que (croyez moi sur parole) c’est un des meilleurs cabinets d’avocats en France (pour moi, LE meilleur cabinet) en matière de fusions/acquisitions. J’ai déjà eu quelques dossiers avec eux (je représentais le vendeur et eux l’acquéreur) et franchement, ils sont vraiment brillants et leur réputation n’est pas usurpée.

Donc, en discutant avec B. (je ne veux pas non plus dévoiler le prénom de mon étudiante) et qu’elle me fait part de ses doutes pour l’avenir, je lui dis qu’il faut justement leur demander à eux un stage !!! Elle me dit y avoir pensé mais se demande si cela va marcher…Elle me raconte qu’elle est prise de haut par des stagiaires qui lui font bien sentir justement qu’elle n’est « qu’assistante ». Mais cette jeune femme a de l’énergie et ne se laisse pas faire. J’insiste donc lourdement en lui disant qu’il faut absolument qu’elle le fasse, que ce sera une opportunité unique, que sur son CV ce nom là marquera tout recruteur potentiel.

Et je lui dis après cela de me tenir au courant si cela marche. J’avoue que je n’y pense plus trop pendant quelques semaines. Et aujourd’hui, je reçois un mail que je vous cite :

«  Après votre conseil je suis allée dans le bureau de l’associé pour demander un entretien pour un stage d’été. Cependant, il n’avait pas vraiment l’air intéressé car mon profil ne correspond pas exactement à ce qu’ils recherchent. 

En effet, c’est très très rare qu’une L3 obtienne un stage ici, sans connaissances. 

Mais, je n’ai pas abandonné et j’en ai parlé avec un avocat du cabinet, avec lequel j’avais travaillé. 

Apparemment, ce dernier est allé parler à l’associé en disant que je travaillais volontiers et efficacement et… j’ai ainsi obtenu mon stage pour cet été!!!!! ».

 Je suis sincèrement enchantée de lire cela et pour plusieurs raisons :

  • Cette étudiante a saisi l’opportunité de discuter avec un avocat de son parcours personnel (ce n’est pas forcément évident) ;
  • Elle a suivi le conseil donné en osant franchir la porte du patron (ça aussi, ce n’est pas forcément simple ! Dans ce cabinet, les associés traitent de dossiers colossaux, n’ont pas dix secondes à perdre, donc, il faut oser quand on est une jeune femme d’à peine 20 ans demander un truc que personne n’obtient en principe jamais !)
  • Elle n’a pas lâché l’affaire au premier non et en a parlé à un autre ! Jusqu’à obtenir ce qu’elle voulait !

J’ai trouvé cela tellement réjouissant que j’ai voulu le partager ! On ne parle que de l’apathie des jeunes de la génération des « millenials », de leur manque d’implication et je rencontre souvent des jeunes inquiets, qui se demandent comment faire au mieux et saisir les opportunités. Donc, je dis un énorme BRAVO à B.

Pour l’anecdote, je me plaignais ici il y a quelques jours de devoir corriger les consultations de mes étudiants alors qu’il faisait si beau. Et voilà, un petit mail et je me dis que cela vaut le coup en fait…

P.S : sur la photo, B. n’apparaît pas. Il s’agit d’une partie des étudiants que j’ai eus ce matin, c’était mon dernier cours de l’année scolaire et je leur ai proposé s’ils le souhaitent de raconter ici leur vision de mes cours. On verra bien si un d’eux franchit le pas !

 

Des clients pas comme les autres

 

 

Une fois n’est pas coutume, aujourd’hui, je voudrais vous parler de deux de mes clients en les citant.

C’est une chose rare d’abord parce que la communication des avocats est très encadrée. Je n’ai pas le droit de parler comme cela de mes clients, je suis tenue à la confidentialité évidemment (avec quelques exceptions : par exemple si mon client me cite directement sur son site ou dans la presse).

Mais aujourd’hui, j’accepte d’enfreindre cette règle et de parler d’eux pour deux raisons : d’abord, parce qu’ils m’y autorisent bien sur et ensuite parce qu’il s’agit de très proches : ma petite sœur et mon beau-frère !

Depuis plusieurs mois, ils travaillent d’arrache-pied sur le lancement de leur nouveau projet et je les accompagne bien sur un plan juridique. Et voilà, leur site Coco & Freddy est lancé depuis hier (et les premières commandes arrivent déjà !!) et je voulais les mettre en lumière.

Je fais vraiment une entorse à une règle que je m’étais fixée : ne pas mélanger dans ma communication sur les réseaux sociaux le privé et le professionnel. Je donne évidemment de tous petits détails mais ils sont en réalité toujours liés à ma vie professionnelle : par exemple, quand je pars en vacances (mais je ne dis pas où…) ou mon choix de nouvel emplacement de bureaux

Et donc, aujourd’hui, je me fais un peu violence mais cela me tient vraiment à cœur.

D’abord, parce qu’ils ont, tous les deux, un très beau projet : ma sœur, Déborah, travaille depuis toujours dans le domaine de la beauté, elle a ce talent de sublimer, de mettre en valeur et elle continue aujourd’hui avec ce nouveau concept. Mon beau-frère, Damien, l’a rejoint parce que cette aventure, c’est celle d’un couple avant tout et au-delà d’une famille.

Et oui, si vous allez jeter un coup d’œil sur leur site (allez y !!), vous y retrouverez un peu de l’histoire de ma famille et même des photos de mes parents (d’ailleurs, Damien, je veux les récupérer !!!).

Parce que Coco & Freddy, avant d’être ce nouveau client, ce sont mes parents. Mon père n’est plus là aujourd’hui pour voir cela mais je suis sure qu’il aurait très fier de voir sa fille et son gendre lui rendre hommage de cette manière et je ne veux pas parler pour ma mère mais je crois que cela la touche aussi beaucoup.

Donc, voilà, bienvenue à Coco & Freddy, j’espère (et je suis convaincue) que cela sera un grand succès !

On recrute chez Azria Avocats

 

Pour renforcer notre petite équipe, nous cherchons au moins deux stagiaires (en vue d’une embauche). Voici un lien pour l’annonce mais je veux rajouter quelques précisions indispensables pour pouvoir bosser au cabinet :

  •  Il est souhaitable d’avoir une bonne culture cinématographique si on veut me comprendre. Je parle souvent en citations de films et si on n’a pas vu dans le désordre : Rabbi Jacob (je sais que cela va parler à certains ici…), Réservoir Dogs, Usual Suspects, The Firm, Philadelphia, Les Goonies, etc…Vous risquez de ne rien comprendre à mes instructions !
  • La bonne humeur est exigée (c’est la base si on veut travailler à peu près sereinement), la débrouillardise est un atout non négligeable, une vraie envie d’apprendre et de se remettre en question ne gâchent rien.
  • Il faut pouvoir endurer une boss qui n’est pas souvent là (en rendez-vous client, en formation,en audience, etc…) et donc avoir une grande autonomie mais aussi supporter la boss quand elle est là (et croyez moi, ce n’est pas facile) et qu’elle parle très, très, très vite, pose un milliard de questions et vous fait tout refaire ce que vous avez passé une journée à faire (c’est énervant, je sais, mais bon, la boss est vraiment très pointilleuse…).
  • il est préférable d’avoir une vie privée : chez moi, on ne bosse pas jusqu’à 3h du matin (enfin, à part moi bien sur…) mais du coup, on n’a pas le Uber payé, ni la livraison de sushis (ceux qui ont fait des stages dans les « gros cabinets » savent de quoi je parle…).
  • il faut être CURIEUX : les clients ont des activités différentes, des questions sur tous les domaines (enfin, presque) de la vie de l’entreprise, on essaye de leur apporter des vraies réponses orientées business, pas des textes de jurisprudence au kilo…

Donc, si vous pensez remplir ces critères, n’hésitez pas à m’envoyer vos CV à l’adresse mail suivante : contact@azria-avocats.com et si vous connaissez des gens que cela peut intéresser, merci de partager !

Edit (20h40) : on me dit que le lien pour l’annonce ne fonctionne pas, en attendant de comprendre pourquoi et de résoudre, la voici :

Annonce stage

Cabinet recherche stagiaire EFB immédiatement pour une durée de 6 mois dans le cadre d’une future collaboration.

Cabinet axé sur le droit de l’entreprise auprès de TPE/PME aussi bien en Conseil (80% des dossiers) qu’en Contentieux :

  • droit commercial
  • droit des sociétés
  • droit du travail
  • Propriété intellectuelle

Le Candidat devra faire preuve part :

  • d’une très grande autonomie,
  • de rigueur et de réactivité

Dans le cadre de ce stage, vous aurez pour missions principales la réalisation de recherches, la rédaction de projets d’actes, de conclusions, de notes, de supports de formation.

L’objectif de ce stage est de proposer à terme une collaboration libérale. Un candidat immédiatement disponible pour une embauche au terme du stage sera donc privilégié.

Profil recherché : Master 2 et première expérience en cabinet d’avocats

Stage EFB de 6 mois rémunéré selon décret.

Merci d’adresser votre candidature (CV+ lettre de motivation par mail à l’adresse suivante : contact@azria-avocats.com)

Attention, histoire triste…

 

Alors, attention, ce soir pour changer, je voudrais raconter un de mes dossiers (de manière anonyme bien sur…) et ce dossier a le don soit de mettre très en colère, soit d’attrister. Donc, si ce soir, vous avez juste envie de vous détendre, ne lisez pas.

J’ai promis ce matin à une cliente que j’écrirai cet article. Je crois qu’elle me lit ici et je sais que notre entretien de ce matin l’a un peu secoué.

Mais revenons à notre histoire dont chaque détail est absolument vrai :

Chaque année, l’Ordre des Avocats de Paris organise une opération de communication dont vous avez peut-être entendu parler « la semaine des avocats et du droit ».

Cela consiste en une plate-forme téléphonique animée par des avocats qui répondent aux questions de tous ceux qui appellent (aujourd’hui, cela ressemble à cela). Pendant quelques années, j’ai essayé de participer (mais je dois avouer que cela fait un moment que je n’arrive pas à trouver le temps, pas de quoi être fière).

Donc, j’y passais quelques heures au maximum et je répondais à des questions (dans les matières que je maîtrise bien sur).

En 2007, je reçois un appel d’un monsieur C. qui me raconte brièvement son histoire : « il était chef d’entreprise, a du liquider, mais il a accumulé beaucoup de dettes et donc a mis en place un plan de surendettement. La Commission de Surendettement a validé un plan sur 5 ans où ils payaient, lui et sa femme, 300 euros par mois. Le plan est terminé mais toutes les dettes ne sont pas payées et pour solder le reste, la Commission a décidé de mettre en place un nouveau plan de remboursement sur 5 ans à 800 euros par mois ».

Alors, à ce stade, je dois donner quelques explications :

  • en principe, la Banque de France ne met pas en place de plan de surendettement pour des dettes d’origine professionnelle ;
  • A l’époque (cela a changé),ils pouvaient faire deux plans d’une durée maximum de 5 ans.
  • et surtout, un plan de surendettement, c’est l’enfer au quotidien. Vous indiquez l’ensemble de vos ressources et la Banque de France vous « autorise » les dépenses obligatoires de base (loyer, chauffage, transport, budget pour l’alimentation) mais c’est tout, le reste de vos revenus passe dans les remboursements de vos dettes. Cela veut dire que pendant 5 ans, on ne va pas chez le coiffeur, on ne mange pas une pizza entre amis, on ne part bien sur pas en vacances et on prie pour ne pas devoir aller chez le dentiste. Une vie de privations. Mais on a la chance que ce mécanisme existe et c’est déjà formidable, cela évite de se retrouver mis à la rue par des créanciers.

Et donc, vous imaginez bien que les époux C. à qui on annonce qu’ils passent de 300 euros de remboursement à 800 tombent des nues et disent qu’ils ne peuvent pas ! Tout a déjà été calculé par rapport à leurs dépenses habituelles et donc ils ne pourront pas assumer cette augmentation.

A ce stade de l’histoire, je suis toujours au téléphone avec eux, je ne les connais pas, donc je leur explique qu’il faut contester la décision de la Commission et qu’ils ont un délai très bref pour le faire, la loi a prévu ce cas, il faut saisir le juge du Tribunal d’Instance de leur ville, donc, allez voir votre avocat très vite !

Evidemment, ils me répondent qu’ils n’en ont pas, ils commencent à paniquer un peu. Je leur dis de demander autour d’eux, de se renseigner. Ils me répondent que vraiment, ils ne connaissent personne. Ils me demandent si je peux m’en occuper pour eux.

Bon, évidemment, leur dossier n’est pas tout à fait mon type de dossier habituel et je me doute qu’ils n’auront pas d’argent pour me payer mais ce n’est pas le plus embêtant (enfin, si, c’est TRES embêtant, mais ce n’est pas le pire !). En effet, dans le cadre de cette opération, les avocats s’engagent évidemment à ne pas rechercher de clients, on signe même un document pour s’en assurer.

Donc, je suis très embêtée mais ils me font un peu de peine quand même. Je vais donc me renseigner auprès du responsable, j’explique la situation, l’urgence, qu’ils ne connaissent pas d’avocat, etc… J’ai l’accord du chef et donc je dis aux clients de venir me voir le lendemain.

Et là, j’ai eu un des rendez-vous les plus éprouvants de ma vie, vraiment. Je rencontre les époux C. qui se révèlent des gens charmants, délicats mais surtout désespérés. Ils me racontent leur histoire et la voici :

« Les époux C. sont passionnés de livres, ils ont travaillé quasiment toute leur vie comme salariés mais leur rêve, c’était d’avoir leur librairie. Un jour, ils décident de passer le cap. Ils ont plus de 50 ans tous les deux et n’ont plus de boulot, c’est l’occasion. Ils passent par un expert-comptable pour les formalités et ils travaillent tant que bien que mal.

Evidemment, les librairies n’ont jamais été des commerces très rentables, mais fin des années 90, c’est l’effondrement. Ils ont du mal à s’en sortir et après quelques années doivent se résoudre à arrêter leur activité, surtout que l’expert-comptable a fait quelques erreurs dans les déclarations de TVA et ils ont donc un redressement conséquent (je ne me souviens plus du montant exact mais je dirais dans les 15.000 euros). Et à part cette erreur de TVA, l’expert-comptable avait aussi décidé de créer leur activité sous un statut d’entreprise individuelle… »

Ceux qui sont professionnels du Conseil aux entreprises sont déjà en train de s’arracher les cheveux parce qu’ils savent ce que cela implique. Les époux C. n’ont pas de société qui fait écran avec les dettes de l’activité professionnelle, et donc doivent payer toutes les dettes à titre personnel.

Et ils vont commencer à payer, sauf qu’évidemment, ils n’ont pas droit au chômage. Et ils ont tellement honte d’avoir des dettes que la seule solution qu’ils trouvent pour payer, c’est de faire appel à Cetelem et Sofinco.

Et ça y est, le piège s’est refermé sur eux. Ils ont maintenant des dettes supplémentaires mais surtout avec des taux d’intérêt à 22%, et ça va vite, très vite.

Rapidement, ils doivent des sommes énormes. Madame C. retrouve un emploi dans une librairie, à 1H30 de transport de chez elle, pour 1.200 euros par mois, à soulever des cartons de livres à près de 60 ans, mais elle y va, il faut payer. Monsieur C. lui est à la retraite et c’est ce qui va se retourner contre lui.

Quand ils saisissent la Commission de Surendettement, ils ont donc des revenus : 1.200 euros pour elle et 1.800 euros de retraite pour lui. Cela veut dire qu’ils peuvent rembourser !

S’ils n’avaient eu aucun revenu, la Commission aurait considéré que leur situation était irrémédiablement compromise et leurs dettes auraient été purement et simplement effacées (c’est désespérant, je sais !).

Et donc, pendant 5 ans, ils paient, c’est dur, mais ils paient.

Et donc, quand on leur dit, qu’il faut 5 ans de plus (les 5 premières années n’avaient pas permis de tout solder), ils sont d’accord mais à 300 euros, pas 800…

Dans le bureau, quand ils m’ont raconté tout cela, Monsieur C. m’a regardé dans les yeux et m’a dit « je vous jure, on n’en peut plus, parfois, ma femme et moi, on pense à en finir, juste pour que ça s’arrête… » et je vous assure que je l’ai cru, que je me suis dit qu’un jour, les époux C. pourraient faire l’objet de deux petites lignes dans un journal local « un couple se suicide à cause de leurs dettes ».

On a donc fait ensemble une première procédure devant le Tribunal d’instance d’une petite ville de banlieue parisienne. Et j’ai plaidé pour eux en expliquant (encore une fois, tout est vrai, ce sont des détails que je n’oublierais jamais) :

  • qu’ils avaient 3 enfants, deux adultes qui avaient quitté la maison, mais une de 19 ans, étudiante, qu’ils aimeraient avoir le droit de la nourrir (et oui, il faut justifier le budget alimentation, par personne, et par jour, je demandais pour un glorieux 6 euros) ;
  • qu’ils avaient un appartement de location à 700 euros par mois qu’ils voulaient conserver parce que Monsieur C. avait sa maman (de plus de 90 ans et invalide) qui habitait juste à côté et qu’il voulait passer la voir tous les jours.
  • Qu’ils n’avaient aucun bien, aucunes économies bien sur, juste leur retraite et le salaire de Madame.

Et vous croyez peut-être qu’à ce stade, je vais vous dire que j’ai été tellement brillante que j’ai gagné et que les époux C. ont été sauvés, mais non…

La juge m’a dit droit dans les yeux qu’ils n’avaient qu’à trouver un logement moins cher. J’ai eu beau m’époumonner en disant « moins cher que 700 euros ??? en banlieue parisienne ?? et sa mère, on la déménage aussi ?? ». Mais, échec total, elle a validé le plan.

Les époux C. étaient désespérés mais je les ai convaincus de faire appel, ce qu’on a fait.

Petit détail technique, pendant la procédure d’appel (de 18 mois environ), ils devaient payer les 800 euros. Je leur ai dit de ne pas le faire et de m’envoyer les courriers d’huissier qui allaient arriver et de s’accrocher. Et ils l’ont fait.

En attendant l’appel, j’ai lancé une autre procédure, plutôt rare, qui s’appelle un « référé Premier Président ». qui permet de stopper les effets d’une décision en attendant l’appel si les conséquences sont trop lourdes pour la partie qui a perdu.

J’ai donc tenté et j’ai plaidé de nouveau. Là aussi, je m’en rappellerai toute ma vie, c’était la veille d’un 14 juillet, il faisait une chaleur épouvantable au Palais, le juge était fatigué, excédé, il voulait partir en week-end et il avait trop chaud (il l’a dit devant mes clients qui n’en revenaient pas…) et donc, nous avons de nouveau perdu. Après la décision, Madame C. a fait un malaise dans la salle d’audience et j’ai bien cru qu’on ne s’en sortirait jamais.

Croyez moi quand je vous dis que je n’en menais pas large mais une fois de plus, ils se sont accrochés.

Et nous nous sommes retrouvés, quelques mois après, pour notre appel. Et là, enfin, la chance a tourné. Nous sommes tombés sur une Juge formidable qui nous a écoutés, qui a lu les pièces, qui m’a dit « mais enfin, c’est du Zola votre dossier ! » et oui, c’était du Zola, du Zola des temps modernes, mais du Zola quand même.

Et les époux C. ont enfin gagné. La juge a confirmé que leur plan de surendettement serait de 300 euros par mois et que le reste de leurs dettes serait effacé purement et simplement. Cela voulait dire que pendant 10 ans, ils auront fait attention à chaque centime mais pour eux, c’était essentiel de payer leurs dettes (quand je vous dis que les époux C. sont des gens bien, vraiment).

Alors, pourquoi cette histoire ? Pourquoi aujourd’hui ? Parce que ce matin, j’ai rencontré une cliente que je n’avais pas vu depuis quelques années et qui a beaucoup de difficultés avec sa société (elle s’est portée caution en plus), que je lui ai dit que les semaines à venir allaient être dures, que parfois, elle m’en voudrait parce que j’allais peut-être la forcer à prendre des décisions difficiles, mais qu’on allait se battre pour qu’elle s’en sorte, et sans dettes en plus. Et je lui ai dit que ce soir, je parlerai des époux C., des clients qui n’ont pas eu beaucoup de chance, qui se sont battus longtemps et qui s’en sont sortis, même si c’était avec beaucoup de larmes. Et qu’elle s’en sortirait aussi…

 

P.S : Si vous vous demandez ce qu’ils sont devenus, les époux C. sont maintenant tous les deux à la retraite, ils ont fini de payer, ils sont grand-parents et heureux et chaque année, je guette la petite carte de vœux à Noël qu’ils m’envoient.

 

 

Aujourd’hui, je m’y remets et j’ai une idée

Je sais, je sais…Cela fait une éternité que je n’ai pas écrit d’articles, certains d’entre vous ont eu la gentillesse de me demander pourquoi, en me disant « ça fait un moment qu’on n’en a pas eu ! » et très sincèrement, cela fait très plaisir !

En commençant ces articles, je ne savais pas trop à quoi m’attendre, qui allait les lire ? Est ce que cela allait intéresser quelqu’un ? Il faut dire que la démarche n’est pas simple.

Je n’avais pas envie de faire des articles purement juridiques (même si j’en fais bien sur, mais j’essaie de leur donner une dimension pratique), je voulais aussi parler de mon quotidien professionnel.

J’ai souvent remarqué que le métier d’avocat suscite toujours des réactions intéressantes :

« Ah ! Vous êtes avocat ? Mais comment faites vous pour défendre des assassins ou des violeurs !!! » et moi de dire « Euh, ben justement, je ne le fais pas, d’abord parce que je ne fais pas de droit pénal et à titre personnel (attention, j’ai le plus grand respect pour mes confrères qui le font !), je ne pourrais pas, non, moi, je fais du droit des affaires ».

« Ah ! Du droit des affaires ! Alors, vous gagnez plein d’argent ! Les dossiers Tapie et Compagnie !! » et moi de dire « Euh, alors non, en fait, je travaille plutôt pour des PME et des TPE ».

En général, à ce stade, j’intéresse déjà beaucoup moins la personne qui me parle, mais quand même, elle a une dernière question : « ah, bon, ça tombe bien que vous soyez avocat, parce que figurez vous que j’ai un souci… » et à chaque fois, cela tourne autour de problèmes de divorce, de garde d’enfants, de problèmes avec un garagiste, dentiste, artisan (cochez la case qui convient…) et moi de répéter « euh, non, désolée, vraiment, ce n’est pas mon domaine de compétences… ».

Donc, à ce stade, la personne m’abandonne à mon sort puisque je ne sers vraiment pas à grand chose.

Et donc, en écrivant ici, c’était aussi pour démystifier un peu mon métier et bien sur, évidemment, communiquer sur mon cabinet. Et j’y ai pris vraiment goût, sauf que…

Sauf que je me suis fait rattraper ces dernières semaines par le quotidien. Il y a eu bien sur avant tout les dossiers de mes clients (qui sont toujours évidemment ma priorité absolue), ma formation sur les données personnelles (j’en parlais ), la recherche de locaux (c’est ici), je ne parle pas des travaux (mais j’ai fait des photos pour vous faire un avant/après quand ce sera ENFIN fini), les formations que j’anime, d’autres projets qu’on m’a proposés et que j’ai acceptés (mais là, c’est vraiment TOP SECRET pour l’instant, si tout se passe bien, j’aurais le droit d’en parler en octobre), mes cours à Assas, et aussi bien sur, mes vacances (pour ceux qui me suivent régulièrement, vos gentils messages n’auront pas convaincu le soleil de se montrer…mais j’ai pu déconnecter et cela fait un bien fou !).

Donc, vous aurez compris, les articles, c’est un peu comme le sport. On prend des résolutions (demain, je m’y remets, bon, ok, ce week-end, bon la semaine prochaine, c’est sur…) et finalement, on se laisse déborder et surtout parfois, je doute « encore parler de moi ??? »

Donc, tout cela, pour vous dire que j’ai plein d’idées d’articles (qui vont bientôt arriver ! promis !) mais j’ai aussi une autre idée que j’aimerais vous proposer (pour ne pas parler que de moi !) : je sais que parmi ceux qui me lisent, il y a une grande majorité de chefs d’entreprise et j’aimerais bien aussi vous donner la parole, si cela vous tente.

Je sais que créer son entreprise est souvent une entreprise solitaire, on a plein de doutes, de questions et lire les expériences des autres peut justement permettre de se dire qu’on est finalement pas si seul, que d’autres rencontrent les mêmes difficultés.

J’ai donc préparé une petite liste de questions pour permettre de vous raconter un peu aussi et si cela vous dit, je publierai votre interview. Qu’en pensez vous ? Parmi les chefs d’entreprise, est ce que cela vous tente ? Et parmi les autres, est ce que ce type d’article vous plairait ?

OUF !!!

 
Je pourrais m’arrêter là mais non…
 
Depuis plusieurs semaines, je n’ai plus vraiment le temps d’écrire des articles, de finir mon guide e-commerce, ou encore juste de passer par ici. Mais c’était pour la bonne cause !
 
J’avais annoncé que j’avais été sélectionnée pour suivre une formation conjointe par le Conseil de l’Europe et l’ENM (école nationale de la Magistrature) sur la protection des données personnelles (un sujet qui concerne à peu près tous mes clients, parce qu’ils ont un site e-commerce, ou des salariés, ou même un fichier clients !).
 
La formation durait sur 3 mois en e-learning, avec des tests de connaissance et j’ai appris récemment qu’il fallait finir avant le 16 mars (et j’étais très, très en retard, autant être honnête…).
 
J’y ai donc passé quelques soirées et week-ends mais maintenant, C’EST FAIT ! Et bon, je ne résiste pas au plaisir de dire que j’ai eu la note de 94,82% de bonnes réponses…:-) Bon, et du coup, j’ai obtenu ma certification Conseil de l’Europe/ENM...:-))
 
Alors, je suis épuisée mais vraiment, vraiment contente !! Je considère que cette formation me permettra d’accompagner mes clients en étant encore plus efficace !
 
Et j’en profite aussi pour dire un énorme MERCI au tuteur (par ailleurs Magistrat) qui nous a encadrés. Il a fait preuve d’une patience, d’une disponibilité, d’une écoute extraordinaires (notamment pour résoudre nos difficultés techniques mais aussi nous proposer des conférences (en tout petit comité, le bonheur !) de grande qualité sur le sujet). Il est aussi pour moi la preuve que les personnes les plus brillantes sont toujours les plus simples et les plus chaleureuses.

Ma nouvelle offre

Ma nouvelle offre ou « comment je n’ai pas voulu devenir un taxi parisien »

Dans mon article sur mon bilan de fin d’année, j’avais expliqué qu’en 2016 j’ai consacré beaucoup de temps à réfléchir à ma nouvelle offre et aussi à mettre en place mon site internet.

Depuis que j’ai lancé le site mais aussi décidé de communiquer sur les réseaux sociaux, de nombreux clients me demandent « mais pourquoi ? » et je leur réponds « parce que je n’ai pas voulu devenir un taxi parisien ! ».

Je m’explique : depuis deux ans environ, les « legal tech » sont apparus en France. J’imagine que la plupart d’entre vous ne savent pas forcément de quoi il s’agit : Des start-up qui veulent ubériser la profession d’avocat. C’est à dire offrir des prestations juridiques à moindre coût.

Dès 2015, j’avais beaucoup lu sur le sujet, beaucoup discuté et j’en étais arrivé à la conclusion (que beaucoup partagent évidemment, je n’ai rien inventé…) que les clients sont souvent globalement satisfaits de leur avocat mais une critique récurrente revient : les honoraires !

La difficulté ne vient pas réellement du prix mais plutôt du manque de visibilité. Quand on fait appel à son avocat, on ne sait jamais vraiment combien cela va nous coûter. Tous les clients vous diront qu’ils ont eu des sueurs froides au moment d’ouvrir la facture.

Et je considère que c’est notre erreur, à nous les avocats. Nous ne communiquons pas assez sur le sujet. C’est sur ce créneau que se sont (en partie) lancés ces legal tech.

Au début, beaucoup de confrères se sont contentés de râler ou de ricaner. Personnellement, je me suis dit que c’était une opportunité de réfléchir et de se remettre en question. Quand Uber s’est lancé à Paris, cela a été tout de suite un énorme succès et pour une raison très simple : leur prestation était bien meilleure que celle des taxis parisiens !

Pour tous ceux qui parmi mes lecteurs ont déjà pris un taxi parisien, vous voyez bien de quoi je parle : on avait du mal à en trouver un quand on en cherchait, le chauffeur n’était en général pas très sympathique, la voiture moyennement propre et il n’y avait jamais, jamais, jamais d’appareil à carte bleue ! Et là, Uber arrive et a tout compris : un chauffeur qui vous tient la porte, vous propose une bouteille d’eau, un chargeur de téléphone si besoin, et vous n’avez même pas à payer, votre CB étant déjà enregistrée !

Alors, il est vrai qu’en plus, c’était un petit moins cher mais je crois sincèrement que pour les clients, ce n’était pas la vraie raison du succès. La différence résidait vraiment dans la qualité du service rendu.

Et pour moi, les taxis étaient à l’origine de leurs propres difficultés, ils auraient du se remettre en question, proposer des services qui répondaient aux besoins des clients ! Et c’est précisément ce que j’ai voulu faire : ne pas me contenter de dédaigner ces legal tech en me remontant le moral parce que j’ai mon titre d’avocat mais au contraire m’inspirer d’eux, utiliser leurs bonnes idées pour améliorer ma prestation et éviter ainsi le sort des taxis parisiens !

Donc, que proposent ces legal tech ? C’est très simple : leurs tarifs sont en ligne et à moindre coût. De prime abord, certaines proposent des offres vraiment intéressantes. Par exemple, dans mon domaine de spécialité, vous avez des sites qui proposent de vous rédiger vos statuts en ligne pour 600 euros HT !

Sauf qu’évidemment, il y a pour moi plusieurs soucis : tout d’abord, leur prestation repose sur des actes automatisés, générés par des algorithmes. Je vous donne un exemple : vous voulez créer votre société. Vous devez répondre à la première question : quel forme de société voulez vous ? SAS ou SARL ?

Et là, premier problème : personne ne vous conseille sur la forme la plus adaptée à votre projet. Alors, si vous cliquez un peu partout, vous avez des pistes de réponse : dans un cas, vous êtes TNS (travailleur non salarié), dans l’autre Assimilé-Salarié. Ok, mais cela ne répond toujours pas à votre question : quel est le mieux pour vous ??? D’autant que je connais peu de clients qui savent vraiment la différence.

Quand mes clients entendent « assimilé-salarié », ils s’imaginent que c’est un statut de salarié, mais cela n’a rien à voir ! Et cela, le très beau site de cette legal tech ne sait pas vous l’expliquer et surtout ne sait pas vous faire la bonne recommandation. Alors, qu’un avocat spécialisé, lui, peut… J

Donc, pour ma nouvelle offre, j’ai décidé de prendre le meilleur des legal tech tout en gardant le meilleur de ma profession : le vrai conseil juridique, le sur-mesure pour chaque client.

C’est ainsi que j’ai décidé :

  • D’afficher uniquement des prix forfaitaires ;
  • De proposer des prix accessibles à mes clients (TPE et PME).

Cela a représenté un travail énorme que je ne mesurais pas vraiment quand je me suis décidée :

  • lister l’ensemble des prestations que mon cabinet propose ;
  • déterminer un prix forfaitaire applicable et pour cela, il fallait calculer le plus précisément possible le temps passé sur chaque dossier ;
  • essayer de fixer le prix le plus abordable possible pour mes clients ;
  • Mettre en place des outils de relation-client pour gagner du temps dans le traitement des dossiers et ainsi réduire le coût.

Je vous épargne aussi les doutes : « est ce que c’est le bon choix ? la bonne méthode ? est ce que je ne vais pas le regretter ? est ce que cela ne donne pas une vision plus « cheap » de mon travail ? ». J’en ai beaucoup parlé avec mes clients, parce qu’après tout c’était avant tout que je le faisais. Ils ont tous validé ma démarche en me donnant de très bons conseils d’ailleurs (par exemple, j’hésitais pour mes forfaits à les appeler des packs (ce que je faisais en réalité depuis plusieurs années), mais la majorité de mes clients trouvaient que cela faisait penser à des packs de bouteilles d’eau, donc je suis restée sur le mot « forfaits »). Enfin, bref, beaucoup, beaucoup de travail et de réflexion sur un projet que je ne pensais pas aussi prenant.

En réalité, cela ne change pas vraiment ma façon de travailler. J’ai toujours essayé de pratiquer au maximum des prix forfaitaires, mais je les donnais à chaque fois au cas pour cas. Mais pour mon site, il fallait tout lancer en même temps (je dis ça alors que, hum, hum, je n’ai pas encore saisi tous mes tarifs sur le site…).

Autre point de détail non négligeable que certains de mes confrères et amis m’ont gentiment fait remarquer au lancement de mon site : « mais du coup, tu ne peux plus adapter tes prix à tes clients ?? ». Pour ceux qui n’auraient pas compris, cela veut dire qu’effectivement, je ne peux plus facturer à la tête du client…Donc, si la société de mon client fait 10 millions de Chiffre d’Affaires, je facture la même chose qu’une toute petite entreprise qui démarre. Et oui, j’ai renoncé à cette petite marge en plus… J Mais pour être honnête, elle ne me semblait pas justifiée, dans la mesure où la prestation si je fais un dépôt de marque est exactement la même pour quelqu’un en solo que pour une entreprise déjà bien installée.

J’ai donc fixé les prix uniquement par rapport au travail que j’ai à fournir. Cela fait maintenant presque deux mois que mon site est en ligne. Il reste encore quelques détails à fignoler (mettre en ligne les références de mes clients pour ceux qui ont accepté, rédiger ma bio (oui, j’avais oublié cela et c’est un client qui m’y a fait pensé !), saisir les tarifs manquants). Mais les premiers retours sont plutôt positifs.

A titre personnel, je suis ravie. Cela m’a obligé à réfléchir sur mon métier, comment je veux l’exercer, ce que je propose de plus à mes clients et c’est vraiment un exercice passionnant ! Je pourrais faire un point en fin d’année pour voir si cela a vraiment changé la donne pour mon cabinet et bien sur, je ferai un petit article pour vous en parler.

Et vous, est ce que les nouvelles technologies vous ont obligé à vous remettre en question dans votre activité professionnelle ?

 

Mes nouveaux bureaux

Avant de vous parler de mes nouveaux bureaux, je dois faire un aveu, quelque chose dont je ne suis pas fière mais tant pis : je suis superstitieuse, vraiment superstitieuse. Mais je me dis qu’il faut parfois (oui, seulement parfois) dépasser cela et dire « YES ! » quand on a une vraie bonne nouvelle, au risque de se prendre le ciel sur la tête.

Certains de mes lecteurs sont des clients ou des amis et ils connaissent mes péripéties de cette année avec mes bureaux. Pour ceux qui ne me connaissent pas, je dois vous expliquer.

Le bureau d’un avocat est un lieu important, pas seulement parce qu’on y passe beaucoup de temps à travailler (et que donc il vaut mieux l’apprécier) mais aussi parce qu’il donne à voir quelque chose de vous, « notre image de marque ». Evidemment, ce n’est pas le critère essentiel (il faut espérer que nos compétences sont plus importantes !) mais j’ai appris avec le temps que cela avait son importance.

Par exemple, quand j’ai créé mon cabinet en 2005, je n’avais quasiment aucun client, et si je suis tout à fait honnête, je peux dire AUCUN client.

En principe, quand on est jeune avocat, on travaille d’abord pour un autre avocat, cela s’appelle le statut de collaborateur. On a prêté serment, on est bien avocat, on exerce (pour l’extrême majorité) sous un statut libéral mais on travaille pour quelqu’un d’autre.

La collaboration est censée être une relation donnant-donnant : on traite tous les dossiers du cabinet mais en contrepartie on est formé et en plus on a le droit d’avoir sa propre clientèle personnelle (on peut ainsi utiliser les locaux du cabinet, le matériel, etc..).

Si des jeunes confrères me lisent, je sais qu’à ce stade, ils ricanent déjà et ils ont bien raison. Très clairement, quand on est jeune collaborateur, on travaille beaucoup, vraiment beaucoup et donc une fois sorti du cabinet, on a qu’une envie, (enfin c’était la mienne en tout cas) : Ne plus travailler !!

Donc, concrètement, très peu d’avocats sous le statut de collaborateur ont la possibilité de développer réellement une clientèle personnelle. Et je ne parle même pas de la formation !

Personnellement, mes premiers patrons ont été en vrac : une femme en fin de carrière (brillante, vraiment) mais totalement dépressive, un fou furieux qui prenait un malin plaisir à insulter tout le monde (un grand classique chez les avocats, paraît-il), et une autre femme géniale (mais qui m’a fait le sale coup de devenir Secrétaire d’Etat à la Justice 15 jours après mon arrivée… J cela me fait penser que je pourrais écrire un autre article là dessus, c’était vraiment un moment très drôle et grâce à elle, j’ai vécu quelques expériences assez magiques).

Autant vous dire qu’au niveau formation, je me suis débrouillée toute seule (si je suis honnête, mes expériences en entreprise ont été beaucoup plus formatrices, mais le métier de juriste n’est pas tout à fait identique).

Donc, tout cela pour dire, que quand j’ai enfin décidé de m’installer (quand ma boss Ministre a du mettre fin à son activité), je n’avais vraiment AUCUN client, seulement 31 ans, et pas d’argent.

En revanche, j’étais assez déterminée à réussir.

J’avais aussi un autre défaut(que j’ai gardé d’ailleurs) : une impatience assez phénoménale et je n’avais vraiment pas envie de perdre du temps à visiter des bureaux, appeler France Telecom pour faire installer une ligne, EDF, acheter une imprimante, etc… Je n’avais qu’une envie : Trouver des clients et travailler !

Et donc, j’ai cherché des locaux en centre d’affaires (je ne parle pas de domiciliation, mais bien la location d’un bureau individuel, personnel). J’ai trouvé une société qui avait plusieurs adresses dans Paris et j’avoue qu’une en particulier m’a tapé dans l’œil : PLACE VENDÔME !

Je me suis dit immédiatement « mais ça doit couter une fortune, tu es folle ! » et ensuite, « bon, je vais quand même aller visiter, cela ne coûte rien ». Et pour tous ceux qui ont visité la Place Vendôme, il faut le dire, le lieu est magique !

Les bureaux étaient situés dans un immeuble classé, avec un escalier impressionnant. Et vous vous en doutez, j’ai craqué. Ils étaient bien sur très chers et tout mon entourage m’a traité de folle, d’inconsciente, c’était bien trop cher pour commencer.

Mais j’avais bien réfléchi et j’ai fait un pari : je me suis dit que ces bureaux pourraient être ma carte de visite, et aussi (je suis vraiment, vraiment honnête, peut-être trop) qu’un client qui viendrait se dirait « ouh la, elle doit avoir plein de clients et ses honoraires doivent être très chers ! » (autant dire que tout cela m’arrangeait plutôt).

Et donc, j’ai signé là bas. C’est sans doute une fierté un peu débile mais j’ai été la première Avocat à avoir son bureau Place Vendôme. D’ailleurs, l’Ordre des avocats (qui doit toujours s’assurer que nos locaux sont conformes à notre déontologie, c’est à dire permettant le secret professionnel) n’y a pas cru et j’ai eu droit à la visite du Secrétaire Général de l’Ordre en personne.

Quand il a pu vérifier que c’était bien un bureau privé, avec une ligne de téléphone et de fax dédiés, il a autorisé mon installation là bas.

Au début, j’avais le plus petit bureau de tout le centre (il devait faire 10m2 au maximum) et ensuite dès qu’un plus grand se libérait, je le prenais (pour pouvoir accueillir des collaborateurs).

Ce pari a été un vrai succès. J’ai réalisé à quel point une simple adresse pouvait donner une image de marque. Cela était d’autant plus vrai à l’étranger. Mon cabinet a toujours été un tout petit cabinet mais j’assiste régulièrement à des conférences à l’étranger et à chaque fois que j’ai donné ma carte, les confrères du monde entier relevaient l’adresse avec un « WAOUAH, Place Vendôme ! ».

J’y suis restée quelques années et ensuite j’ai du partir à regret. Je manquais vraiment de place pour mon équipe. Et j’ai donc choisi une autre adresse chic (mais beaucoup plus classique pour un avocat) : l’Avenue Victor Hugo

Encore aujourd’hui, certains clients qui me font confiance depuis le début me disent « ah quand même, j’aimais bien venir vous voir Place Vendôme ! ».

Alors, pourquoi toute cette histoire ? Pour vous parler bien sur de mes nouveaux locaux.

Parce qu’après 12 ans, j’ai décidé que cette histoire d’image de marque devenait ridicule, que les clients s’en fichent (je leur ai posé la question quasiment à tous …), que finalement, évidemment, ce qui compte, c’est le travail que j’effectue et de savoir si mes clients en sont contents.

Je crois qu’au début j’avais besoin de cela pour « donner le change » mais qu’aujourd’hui, je me fiche pas mal de ce que diront les confrères étrangers que je croiserais lors de conférences.

Et donc, j’ai choisi un lieu qui me plaît à MOI, dans un quartier que j’adore (mon quartier d’enfance dans le 11e arrondissement de Paris, en face de la bibliothèque où j’allais petite fille, à deux pas de l’hôpital où je suis née) et surtout, surtout à 10 minutes à pied de mon appartement. Oui, j’ai décidé de simplifier ma vie, de ne plus perdre de temps dans les transports et surtout de choisir un lieu pour moi.

Et voilà, j’ai signé hier mes nouveaux bureaux. La superstitieuse que je suis voulait attendre que j’emménage (il y a des travaux à faire) pour vous l’annoncer, mais je suis tellement heureuse de les avoir enfin trouvés que je prends le risque !

En même temps, je devrais faire attention, j’ai passé l’année 2016 dans des bureaux transitoires à cause de déconvenues (une maison de ville que je devais louer et qui est restée occupée pendant plusieurs mois par un locataire indélicat que le propriétaire a du mal à faire partir, des travaux qui ont causé de trop lourds dégâts dans un autre local, etc…).

J’avoue que je n’y croyais plus mais j’espère que cette fois-ci c’est la bonne. D’ailleurs, j’ai décidé de ne pas changer seulement le quartier mais aussi le type de locaux. Je ne voulais plus d’un immeuble haussmannien, très classique. Je cherchais des bureaux agréables, idéalement qui donne sur une petite cour, pour déjeuner au soleil en été. Et donc mon nouveau bureau est un open-space que j’occuperai avec mon équipe, je suis sure que nous serons très à l’aise pour travailler efficacement.

Voilà, donc ma bonne nouvelle du jour ! Qu’en pensez vous ?

P.S : la photo évidemment est juste une photo d’inspiration pour ma future déco..

Conseils à un jeune confrère : Définir son activité

 

Je discutais cette semaine avec une de mes collaboratrices. Son mari est également avocat et vient de s’installer. Nous évoquions ensemble ses possibilités de développement de clientèle (c’est un sujet qui m’intéresse beaucoup, d’abord pour moi évidemment mais aussi parce que j’adore discuter avec de jeunes confrères sur leur projet d’installation).

Mon premier conseil à son intention était de bien délimiter son domaine d’activité. Quand on s’installe, par principe, on a souvent peu de clients, donc peu de chiffre d’affaires et la pression peut être telle qu’on est tenté de prendre un peu tous les dossiers pour payer ses frais.

C’est selon moi, une vraie erreur stratégique. D’abord que je ne crois pas qu’on peut être bon en tout (le droit est tellement vaste, droit des affaires, droit pénal, droit de la famille, droit administratif, droit fiscal, etc…) et donc en prenant un peu le tout venant, on risque de mal faire son travail et au delà de perdre ce client qui sera forcément très mécontent, le bouche à oreille sera lui aussi dévastateur.

Tout le monde sait qu’il est très difficile de gagner un client et de le fidéliser mais qu’en revanche, on peut le perdre très vite.

Je sais que certains confrères sont de vrais généralistes et je les admire quand ils arrivent à passer d’un dossier à l’autre, mais je me dis aussi que le travail à fournir doit être énorme pour tous bien les traiter.

Mais par ailleurs, je crois qu’il faut aussi être cohérent et « lisible » pour les clients. Par exemple, quand je me suis installée en 2005, moi aussi, j’avais très peu de clients, des charges importantes et donc une pression réelle.

En toute honnêteté, je peux dire que j’ai parfois été très tentée de prendre des dossiers dans tous les domaines. Dès qu’on est avocat, votre entourage vous dit rapidement « ah mais je connais Mme Machin, elle est en train de divorcer, je peux lui donner ton numéro ». Et là, dès le début, j’ai été très claire. Je refusais systématiquement (avec parfois l’envie de me taper la tête contre les murs, en pensant que je refusais plus de chiffre d’affaires que je n’en facturais) mais je tenais bon.

Je savais très bien ce que je voulais faire, je connaissais le domaine dans lequel j’étais compétente : je voulais accompagner des chefs d’entreprise. Point.

Les aider à anticiper leurs problèmes juridiques, leur proposer des solutions innovantes, et aussi me battre pour eux quand le contentieux se présentait. Je refuse donc systématiquement et par principe les dossiers de salarié alors que le droit du travail constitue un de mes domaines de spécialité. Cela peut sembler idiot ou même injuste ; après tout, pourquoi refuser d’aider un salarié ?

Mais je peux pouvoir dire à mes clients en toute transparence : « je ne défends QUE des chefs d’entreprise », c’est un engagement que j’ai pris et auquel je me tiens.

Donc, mes conseils à un confrère qui démarre seraient de déterminer ce qui les motive, l’activité qui les intéresse et de s’y tenir, même si la pression est forte, même si le stress est réel. Je le connais, j’y suis passé aussi, mais je n’ai jamais regretté mon choix.

D’ailleurs, je leur conseillerais aussi de ne pas raisonner uniquement en matières de droit. Prenons mon cas, je ne traite pas UNE seule matière, mais quatre ! Cela peut sembler beaucoup pour certains mais c’est ce qui est une des raisons qui font que j’adore mon boulot, il est très varié et surtout il me semble important quand on accompagne des TPE ou PME de pouvoir répondre aux sujets qui leur posent une difficulté au quotidien. On ne peut pas imaginer dans une petite boite d’avoir un avocat pour le droit social, un autre pour les contrats et un autre pour une question sur une marque.

Donc, on peut tout à fait intervenir sur plusieurs sujets tout en restant cohérent. Par exemple, j’avais discuté avec un confrère que j’avais trouvé très malin et qui se présentait comme spécialisé en droit de la boulangerie.

Alors, disons le tout de suite : le droit de la boulangerie n’existe pas !

Il traitait (un peu comme moi) de droit du travail (pour les questions relatives aux salariés), de droit commercial (pour les ventes de fonds de commerce et les problèmes de contrats), de droit des sociétés (pour les créations de structures). Mais il avait raisonné en clientèle et c’est vraiment astucieux. Il connaissait sur le bout des doigts les problèmes spécifiques de l’activité des boulangers et pouvait facilement communiquer avec eux.

Et donc en discutant avec ma collaboratrice, elle m’indiquait que son mari adorait le droit pénal et qu’il était brillant mais qu’il n’était pas convaincu de vouloir intervenir pour des prévenus. Je lui ai donc conseillé de se spécialiser en « droit des victimes », c’est évidemment également du droit pénal mais cela lui permettait de se consacrer uniquement à des dossiers pour lesquels il avait envie de se battre à titre personnel.

Alors, je ne sais pas évidemment ce qu’il décidera mais je lui souhaite bonne chance. S’installer à son compte est une expérience qui peut être éprouvante mais sincèrement je n’ai jamais rencontré un confrère qui me disait avoir regretté son installation !

Qu’en pensez vous ? Vaut-il mieux se spécialiser dans un domaine d’activité ou au contraire rester ouvert selon les dossiers qui arrivent ?

Initiadroit – Le droit pour les enfants

Aujourd’hui, pas de conseils pratiques mais plutôt un petit témoignage sur un projet qui me tient vraiment à coeur : Initiadroit.

Initiadroit est une association d’avocats bénévoles créée en 2005 qui s’est donnée pour objectif d’expliquer le droit aux enfants et surtout de leur démontrer qu’ils pratiquent le droit sans en avoir conscience. Il s’agit donc d’envoyer des avocats dans les collèges et lycées de France pour animer une ou deux heures de cours avec les enfants.

A titre personnel, j’anime donc une ou deux fois par an ces ateliers. Je choisis toujours les plus petits (6e ou 5e) parce qu’ils sont évidemment très attendrissants (je crois qu’ici il n’y a aucune chance qu’un ado me lise et donc se vexe..).

L’association fait vraiment un travail extraordinaire puisque tout est préparé pour les avocats. On est ainsi mis en relation avec le professeur qui a demandé qu’un avocat vienne dans sa classe (pour moi, cela a toujours été des profs d’histoire-géo). On discute ensuite avec lui des thèmes qu’on pourra aborder mais là aussi, Initiadroit nous mâche complètement le travail : des thèmes (adaptés selon les classes et donc l’âge des enfants) sont déjà préparés avec des supports qui nous sont remis.

En ce qui me concerne, le thème choisi est souvent « les droits et devoirs de l’enfant » et c’est toujours un moment génial.

J’arrive en général dans une classe d’enfants qui me regardent toujours avec des yeux ronds et sont au début très timides. Je commence par me présenter et je leur explique comment le cours va se dérouler.

Certains qui me lisent ici savent que je n’aime pas vraiment animer des cours théoriques et je fais évidemment pareil avec les enfants. Je pars donc d’un cas qui m’a été fourni par Initiadroit (il s’agit d’une vraie décision de justice, les enfants sont très sensibles sur ce point : savoir que tout est vrai !).

Je leur raconte donc les faits tels qu’ils se sont déroulés (je choisis toujours un cas le plus « proche »  possible de leur vie réelle) : par exemple, deux enfants de 7 et 9 ans gardés par leurs grands parents un 14 juillet et qui mettent le feu chez le voisin en jouant avec des pétards.

Et ensuite, je commence les questions : « à votre avis, que s’est-il passé ensuite ? ».

La suite est toujours très drôle (mais j’essaie de ne pas rire bien sur !) et c’est souvent : « Madame, Madame, je sais ! on les met en garde à vue ! » ou  » la police prend leurs empreintes ! » ou « ils vont en prison ! ». Je vous assure qu’en quelques minutes, il n’y a plus aucune timidité mais qu’ils ont tous un avis très tranché sur le sujet.

Evidemment, on sent bien à cette occasion le pouvoir des séries américaines (oh d’ailleurs, j’en profite pour préciser un point : en France, on ne dit pas « votre honneur » mais « Madame ou Monsieur le Président »…j’ai régulièrement l’occasion de l’entendre et là aussi, je me dis « merci la télé »).

Pendant une heure, je discute donc avec eux pour leur expliquer comment fonctionne la justice en France, quels sont leurs droits ou leurs devoirs, etc…Et je dois dire qu’en général, cela leur plait (bon, je ne suis pas dupe, je sais bien que cela veut dire aussi une heure de cours où on ne travaille pas !). Pour être tout à fait honnête, c’est parfois aussi un peu difficile : quand un enfant vous explique par exemple qu’il connaît la prison parce qu’il va voir quelqu’un de sa famille ou vous raconte le procès en cours qui déchire ses parents.

Mais c’est toujours un exercice vraiment très stimulant parce que les enfants sont un public exigeant mais aussi très curieux et intéressés.

J’en parle aujourd’hui parce que je crois que cette association a un rôle vraiment utile. Si cela vous intéresse, vous pouvez en parler aux écoles de vos enfants pour demander une intervention !

Qu’en pensez vous ? Cela vous semble utile ?

Les Webconfs sont de retour !

Je reprends donc les webconfs ! Désolée mais cet article aura un (tout petit) intérêt uniquement pour mes lecteurs qui travaillent en Chambre de Métiers.

Pendant 8 ans, j’ai animé au sein du Cefac des formations ponctuelles auprès des équipes de Chambres de Commerce. Je garde un super souvenir de ces moments et aussi quelques amis qui me retrouvent parfois ici.

J’avais aussi eu l’idée de proposer des webconfs que j’ai animés régulièrement pendant ces quelques années.

En 2015, le Cefac a malheureusement fermé ses portes (pour mieux pour renaître de ses cendres avec une équipe de choc à Rennes !). Je manque aujourd’hui de disponibilité pour me déplacer régulièrement là bas et j’ai donc décliné leur proposition de poursuivre ces formations que j’aimais tant. Cela n’a pas été facile, je l’avoue, ces formations étaient une bulle d’oxygène dans un quotidien souvent chargé, mais c’est ainsi !

En 2016, j’ai eu la bonne surprise d’être contactée par l’APCMA, qui gère la formation au niveau national, pour reprendre mes webconfs d’actualité juridique. Je l’avais annoncé sur Facebook et j’ai maintenant les dates pour 2017.

Je rappelle le principe : deux heures pendant lesquelles j’anime une petite conférence sur un thème juridique en visio-conférence. Les participants peuvent, bien sur, poser toutes les questions et garder ensuite le support de formation que j’ai rédigé.

Pour ceux que cela intéresse, j’interviendrai donc :

  • le 28 Mars
  • le 25 Avril
  • le 30 Mai
  • le 10 Octobre
  • le 21 novembre

Je n’ai pas encore le lien pour s’inscrire mais je le mettrai dès réception.

Le programme sera bien sur lié à l’actualité juridique mais en année d’élection présidentielle, ce n’est jamais intense. Donc si vous avez des thèmes que vous aimeriez voir traiter, merci de me l’indiquer en commentaire !

Par ailleurs, pour ceux que cela intéresse et qui ne relèvent pas de la CMA, je réfléchis à des outils que je pourrais mettre en place : il y a bien sur les vidéos Youtube mais cela n’est pas très interactif. Donc, là aussi, si vous avez des idées, cela m’intéresse !

Merci

Que faire si je dois fermer ma boutique provisoirement ?

En allant aujourd’hui au bureau, je suis passée devant une boutique « Nicolas ». Elle était fermée et un papier était accroché à l’extérieur. Il indiquait « la boutique est fermée pour raisons de santé. Merci de votre compréhension. Bonnes fêtes ».

Evidemment, cela m’a fait de la peine. Quand on est chef d’entreprise, on sait pertinemment que laisser sa boutique fermée veut dire un grave problème de santé. On ne ferme pas si on est fatigué, grippé, ou avec la jambe cassée.

A titre personnel, il m’est arrivé (entre autres mésaventures) de glisser un jour sur les marches du Palais, juste avant d’aller plaider un dossier. J’ai eu tellement peur (j’aurais pu me faire très mal ! vous voyez dans ces séries françaises les marches immenses en marbre ?) que je me suis immédiatement relevée. J’ai été plaider mon dossier comme si de rien n’était et ensuite je suis retournée au bureau.

Ma collaboratrice me voyant de plus en plus boiter le long de la journée m’a conseillé de me faire examiner et c’était un bon conseil ! Le médecin aux urgences m’a ordonné de rester trois semaines allongée, avec attelle, béquilles, etc..Evidemment, dès le lendemain, j’étais de retour au bureau et à posteriori, je me dis que c’était totalement ridicule. Je suis sure que beaucoup d’entre vous ont vécu une expérience similaire, n’est ce pas ?

Vous comprenez donc aussi que ce chef d’entreprise doit être gravement malade pour en arriver au stade de laisser sa boutique fermée, avec les loyers, les frais divers qui eux, ne s’arrêtent pas.

Je ne le connais pas malheureusement mais j’aurais aimé lui donner quelques conseils importants.

Quand on a une boutique et donc un bail commercial, on a l’obligation légale non seulement de payer son loyer mais aussi d’exploiter la boutique, cela veut dire qu’elle doit être ouverte et accessible aux clients !

Si on ne respecte pas cette obligation, on a le risque de voir résilier par le propriétaire son bail commercial.

A chaque fois que je sais qu’un client est malade au point de laisser la boutique fermée, je prends immédiatement quelques précautions importantes :

  • je fais en sorte qu’une affiche soit installée (à l’intérieur, sinon, elle peut facilement être arrachée) précisant la raison de la fermeture et je demande que la date apparaisse,
  • j’écris immédiatement au bailleur pour l’informer de la maladie (en courrier officiel) et donc de la fermeture provisoire (en indiquant si cela est possible une durée « prévisible ») en le rassurant sur le fait que les loyers seront payés.

Pourquoi ?

  • tout d’abord, l’affiche permet de dater la fermeture et en cas de passage d’un huissier (et oui, les propriétaires envoient des huissiers pour faire constater la fermeture et ensuite engager une résiliation), il prendra la photo de l’affiche. Cela évitera qu’on dise que la boutique est fermée depuis 6 mois, alors qu’en réalité, cela n’en fait que 2.

Ensuite, j’ai remarqué que quand on rassure les propriétaires, ils sont évidemment plus compréhensifs et laissent le temps de se retourner à la personne malade.

Enfin, en cas de contentieux, cela me permet de plaider la bonne foi devant un magistrat, en expliquant que mon client a pris toutes les précautions nécessaires pour informer sa clientèle, son propriétaire, etc…

Donc, si dans votre entourage, vous connaissez quelqu’un dans cette situation, transmettez lui ces quelques infos. Cela peut sembler inopportun alors que la personne traverse des ennuis de santé importants, mais cela pourrait lui permettre si elle récupère sa santé de garder son outil de travail. Et ce n’est pas négligeable..

Comment protéger ma marque ?

 

Comment protéger ma marque ?

Vous avez démarré votre activité et pour communiquer, vous avez choisi un nom original. Vous ne voudriez surement pas que quelqu’un d’autre l’utilise ou utilise un nom approchant dans votre domaine d’activité.

Il existe bien sur le dépôt de marque auprès de l’INPI. Cela vous permet d’obtenir la « propriété » de votre nom et d’empêcher quelqu’un d’autre de l’utiliser mais aussi d’utiliser un nom similaire pour essayer de profiter de votre notoriété.

C’est une procédure simple que vous pouvez faire seul(e) en prenant quelques précautions.

Etape n°1 : Choisir sa marque

C’est une étape importante au delà de sa protection juridique. C’est le nom sous lequel vous allez vous faire connaître. Sauf que tous les noms ne peuvent pas être déposés. En effet, l’INPI exige que votre nom soit « original ». Cela ne veut pas forcément dire utiliser un nom très rare mais tout simplement que votre nom ne doit pas être générique.

Par exemple : vous ne pouvez pas déposer la marque « Café Génial » pour votre café. Pourquoi ? Tout simplement, parce que « Café », c’est un terme générique qui décrit votre activité !

De plus, vous ne pouvez pas non plus déposer un nom qui serait trompeur sur votre activité ou en tout cas qui pourrait induire en erreur vos lecteurs.

Ex de l’INPI : déposer la marque « Généva » pour des produits fabriqués en France n’est pas possible. On imagine en effet que ces produits viennent de Suisse avec un tel nom.

Il y a encore quelques autres exceptions mais elles me semblent plutôt rares et je ne veux pas alourdir cet article. En cas de doute, n’hésitez pas à consulter le site de l’INPI, il est vraiment très bien fait (inpi.fr) !

Etape n°2 : vérifier que votre nom est disponible

Et oui, c’est une étape que zappe souvent les créateurs que j’accompagne et pourtant elle est essentielle. Ils imaginent que parce qu’ils ont fait un dépôt auprès de l’INPI et qu’ils ont reçu un certificat de marque, tout est ok.

Et ils ont souvent de très mauvaises surprises. Après avoir dépensé autour de 250 euros (prix moyen des formalités INPI), ils reçoivent parfois un avis d’opposition d’une personne qui détient déjà la même marque.

L’INPI se contente en effet d’enregistrer votre marque mais cela ne veut pas dire que quelqu’un d’autre n’a pas eu la même idée que vous !

Il faut donc vérifier au préalable que votre nom est disponible et pour cela vous avez plusieurs moyens, certains gratuits et d’autres payants.

Commençons par les moyens gratuits :

  • Là aussi, cela va sembler très bête mais je réalise souvent que peu de personnes font cette démarche : une recherche Google toute simple ! On a parfois la mauvaise surprise de voir des noms identiques ou presque. Alors cela ne veut pas forcément dire que les personnes que vous trouverez ont elles-mêmes fait un dépôt de marque mais vous aurez des pistes.
  • Ensuite, une recherche gratuite sur la base de Marques sur le site de l’INPI : https://bases-marques.inpi.fr

Mais attention, cette recherche ne vous donne que les résultats identiques (ou presque) au nom que vous avez saisi. Donc, cela n’est pas suffisant.

En effet, les marques ne sont pas seulement des noms qu’on lit ; elles sont aussi verbales.

Pour m’expliquer, je vous donne un exemple qu’il faut lire à voix haute : vous ne pourrez pas déposer la marque SHANELLE par exemple… J Et pourtant, si vous faites la recherche sur la base Marques INPI, cela ne vous sort aucun résultat. Personne n’a déposé cette marque…

Pourtant, je prends les paris qu’en la déposant, vous risquez d’avoir quelques soucis avec une marque très connue.

Petite info à savoir : les marques sont enregistrées par classes (on appelle cela la Classification de Nice), c’est à dire par activités. Il faut donc sélectionner les classes qui vous intéressent.

En effet, vous pourrez trouver une marque déjà déposée dans une marque qui n’a rien à voir avec votre activité et vous serez donc libre de faire un dépôt.

Sur ce point, il faut aussi être un peu malin. Ne vous contentez pas par exemple de déposer les classes qui concernent les activités que vous exercez déjà. Il faut aussi penser à l’avenir !

Donc, ajoutez des classes sur les produits ou services que vous aimeriez un jour mettre en place. Au moins, pendant ce temps, le nom ne sera pas repris par quelqu’un d’autre…:-)

Si vous vous inquiétez du prix, sachez que le dépôt de marque coûte 210 euros que vous déposiez une, deux ou trois classes (si vous le faites en ligne), donc autant en profiter ! Et si vous voulez des classes supplémentaires, il faut prévoir 42 euros par classe supplémentaire.

Attention, la protection dure 10 ans et il faut penser à renouveler son dépôt de marque.

  • Vous pouvez aussi vérifier le site infogreffe.fr. C’est le site du registre du commerce et des sociétés et vous trouverez ainsi peut-être des sociétés qui auront le même nom que vous. Elles n’auront peut-être pas déposé leur marque auprès de l’INPI mais cela vous évitera des tracas judiciaires qui ne sont jamais simples.
  • De même, vous avez le site de l’INSEE pour toutes les activités (et donc pas seulement les sociétés) (insee.fr) ou encore celui du Répertoire des Métiers (sirene.fr).
  • Enfin, il ne faut négliger le nom de domaine ! Je vous conseille vivement de regarder les noms de domaines sur le site de l’AFNIC (afnic.fr) pour les noms en .fr et le site de l’ICANN (icann.org) pour les noms en .com.

Ensuite les moyens payants :

Donc, si vous voulez vraiment pousser votre recherche, vous pouvez passer une commande auprès de l’INPI qui vend ses fichiers. Ce document vous permettra d’accéder à toutes les marques qui auraient même une vague ressemblance avec la vôtre (rappelez vous une marque n’est pas seulement un nom qui se lit..).

Vous pouvez ainsi utiliser une recherche de similarités sur leur site. Elle coûte 50 euros pour ne recherche sur 3 classes et ensuite 10 euros par classe supplémentaire.

Attention là dessus, je ne veux pas vous vendre du rêve, c’est quelque chose de fastidieux et long à faire. Vous allez recevoir des dizaines de pages de fichier excel et il faudra analyser ligne par ligne sans vraiment connaître le détail de toutes les règles juridiques applicables en la matière. Evidemment, un avocat ou un conseil en propriété intellectuel peut faire cela pour vous mais cela a un coût.

Une chose est sure, même si vous le faites vous même, vous verrez bien si quelque chose d’énorme vous saute aux yeux et éviterez de réels problèmes.

J’espère que ces quelques conseils ont été utiles et que vous y voyez maintenant plus clair sur comment protéger votre nom commercial.

Avez vous pris toutes ces précautions quand vous avez lancé votre activité ?

Et le prochain guide est…

 

Je sais que pour beaucoup, le suspense est insoutenable mais j’ai les résultats du petit sondage sur le prochain guide !!

J’en profite tout d’abord pour remercier tous ceux qui ont pris la peine de répondre, soit sur le site, soit sur Facebook, Merci à tous !

En me lançant dans l’aventure du blog, j’avoue que je me demandais qui lirait mes articles et si cela susciterait un quelconque intérêt.. Et j’avoue que cela fait vraiment, vraiment plaisir d’avoirs vos avis, vos remarques.

Alors, pour le guide, le gagnant est le N°2 : « Je crée mon site e-commerce ».

Arrivent ensuite le N°1 (« je veux m’installer comme consultant ») et le N°7 (« je m’installe en solo »). Je les rédigerai donc après !

Certains m’ont d’ailleurs fait remarquer que pour eux les deux derniers étaient très proches. Il est certain qu’ils auront de nombreux points communs, mais pour moi, le statut de consultant a vraiment des spécificités importantes (la mission avec le client, la possibilité de l’exercer en portage salarial, etc…).

Mais peut-être qu’en les rédigeant, je réaliserais qu’ils sont vraiment trop proches et je n’en ferais qu’un.

J’en profite également pour indiquer à ceux que ce thème intéresse qu’ils peuvent me poser des questions et j’y répondrai dans le guide ! Alors, attention, je ne parle évidemment pas de questions vraiment précises sur votre site ou votre situation personnelle, mais plutôt des questions qui peuvent intéresser le plus grand nombre. Si vous en avez, laissez les moi en commentaires et j’essaierai de les intégrer.

Donc, maintenant, je me mets au boulot !

J’ai besoin de votre avis !

Comme je l’avais dit dans mon dernier post, j’aime me fixer des objectifs pour la nouvelle année. Pour 2017, vous l’avez déjà sans doute compris, je veux plus communiquer !

J’ai donc prévu d’écrire des articles à destination des chefs d’entreprise mais aussi des guides que je diffuserai gratuitement bien sur.

Quand j’ai commencé à travailler sur mon site, j’avais déjà cette idée en tête et j’avais déterminé une petite liste de guides qui peut-être pourraient intéresser quelques-uns.

J’ai aussi fait des recherches sur Google Trends pour identifier les demandes les plus courantes dans le thème de la création d’entreprise. J’ai donc aujourd’hui une petite liste d’une dizaine de guides que j’aimerais écrire.

Pour noël, grâce à la très jolie initiative de May, j’ai rédigé le guide juridique de la blogueuse (si vous ne l’avez pas vu, c’est …) et je me suis rendue compte du travail que cela représentait.

J’ai donc décidé d’être raisonnable et de commencer ces guides un par un. Sauf que j’ai été prise de doutes au moment de commencer : lequel serait le plus utile ? Sincèrement, je n’en ai pas la moindre idée.

Et je me suis dit « pourquoi ne pas tout simplement poser la question à ceux que cela pourrait intéresser ? ».

Donc, voilà, si vous avez quelques secondes pour me répondre, ce serait formidable ! D’abord, pour me dire si vous pensez que cela peut ou pas être utile ? Après tout, peut-être qu’il y a déjà bien assez de guides en circulation sans que je rajoute les miens..

Et si oui, par lequel commencer ? J’ai numéroté la liste pour que vous puissiez simplement répondre par un seul numéro et ainsi gagner du temps :

  1. 1- Je veux m’installer comme consultant
  2. 2 – Je crée mon site e-commerce
  3. 3 – Je veux embaucher un salarié
  4. 4 – Je veux ouvrir ma boutique
  5. 5 – Je veux m’installer comme formateur
  6. 6 – Je démarre mon activité de community manageur/web designeur
  7. 7 – Je m’installe en solo
  8. 9 – Je crée une crèche/halte-garderie
  9. 10 – Je démarre mon activité de wedding planeur

Merci par avance de vos réponses et je me suis fixée comme objectif d’écrire le premier pour le 1er février !

Bilan 2016 – Prendre le temps de réfléchir

Comme tout le monde (ou presque), j’adore la période de fin d’année. Evidemment, il y a Noël, les décorations dans les magasins, la joie des enfants mais passée cette effervescence, la fin d’année approche et on prend le temps de réfléchir.

J’ai pris l’habitude depuis quelques années de consacrer un vrai moment à ce bilan de fin d’année et ensuite de réfléchir à ce que je veux pour l’année suivante. J’ai même pris le pli de noter ce que je souhaite accomplir, quelques mots sur un document word.

J’apprécie de temps en temps de le relire pour ne pas perdre de vue ce que je souhaite accomplir. Et évidemment, je le reprends durant la dernière semaine de l’année pour voir ce que j’ai pu (ou pas) réaliser.

2015 avait été une année charnière, une année de pause et de réflexion et pour 2016, je voulais du renouveau !

J’avais donc UN seul objectif mais il était énorme : réfléchir à une nouvelle façon de travailler, essayer d’améliorer mon offre à mes clients et aussi m’adapter à l’époque en communiquant sur le net et les réseaux sociaux.

J’avais aussi bien sur un objectif plus classique de chiffre d’affaires mais celui-là n’est pas tellement intéressant, il est bien sur important de se le fixer et de l’atteindre mais cela ne constituait rien de nouveau.

Ce projet a représenté un travail important (j’écris un autre article sur ce sujet précis qui arrivera très bientôt..) et j’ai beaucoup tâtonné, tout m’aura pris beaucoup plus de temps que prévu.

J’ai bien sur commis quelques erreurs (j’y reviendrai dans l’article sur ma nouvelle offre), subi des contretemps et j’ai aussi beaucoup douté. Je doute d’ailleurs encore. Est-ce que cette offre est adaptée ? Est-ce que cela répond à de vrais besoins ?

Je ne le sais pas encore, je le saurai sans doute l’année prochaine quand je ferai à la même date, le même bilan.

Mais je sais aujourd’hui que j’ai atteint l’objectif que je m’étais fixé, j’ai réussi quelque chose : ce projet est aujourd’hui abouti, mon site est (même s’il y a encore des petits détails à fignoler, le paiement en ligne, les références de mes clients, etc…) mais mon offre de cabinet d’avocats en ligne existe !

En rédigeant cet article, je pensais dire un énorme MERCI à ceux qui m’ont accompagné dans ce projet (May bien sur pour la création du site, mais aussi Christophe et Olivier avec qui j’ai beaucoup, beaucoup, discuté sur cette nouvelle offre, sur le site, sur les forfaits ; les clients qui me font confiance et qui ont parfois accepté que je communique sur leurs références ; mon réseau de confrères et des chambres consulaires dont certains sont devenus des amis) mais très vite, l’article commençait à dégouliner de bons sentiments et de mièvrerie, donc j’ai préféré arrêter là.

Maintenant que 2016 s’achève sur cet objectif atteint, je fixe évidemment celui de 2017 et il est simple : faire en sorte que ce site réponde aux attentes des clients ! Rendez-vous l’année prochaine à la même heure !

Et vous, quel est votre bilan 2016 ?