J’ai décidé de ne plus avoir peur

J’ai rarement du mal à écrire des articles, on croit souvent que j’y passe du temps mais en réalité, vraiment non, pas du tout. Je profite d’avoir quelques minutes où je n’ai pas le courage de faire quelque chose de compliqué et je me lance.

En principe, en janvier, j’écris toujours un article Bilan de l’année passée/objectifs de l’année à venir mais en 2019, je ne l’ai pas fait. Attention, j’ai commencé à écrire l’article une bonne dizaine de fois mais j’ai renoncé à chaque fois, trop long, trop compliqué, je n’y arrivais pas, j’étais complètement bloquée. Alors, vous n’avez pas vu cet article, ni d’ailleurs aucun d’autre depuis.

Et le 1ermai alors que j’essayais pour la 11èmefois sans succès de pondre ce fichu article, j’ai compris pourquoi : si je faisais un bilan sincère, cela m’obligeait à communiquer aux yeux du monde (enfin, pour les 3 personnes qui lisent mes articles régulièrement, dont ma mère qui est déjà au courant de tout…) sur des décisions importantes.

Attention, je suis ravie de ces décisions, j’en suis même fière, fière d’avoir su à 45 ans assumer mes choix professionnels et personnels. Mais il faut avouer que ces décisions ne correspondent pas vraiment à l’imaginaire collectif d’un avocat qui réussit !

Je ne suis pas sure d’avoir jamais collé à cet imaginaire (peut-être un peu quand j’avais mes bureaux Place Vendôme) mais là je m’en détache complètement et ce n’est plus si simple à assumer quand on doit l’annoncer sur la place publique (surtout quand sur la place, il y a aussi quelques clients qui vous lisent peut-être).

Et puis, j’ai discuté avec May (oui, une fois de plus et comme d’habitude, elle a le talent de débloquer ces doutes avec une petite phrase qui font tomber les réticences). Je me lamentais (comme d’habitude) sur mes difficultés à publier mes articles (peur des réactions, peur de décevoir, peur d’être ridicule, vous choisissez ou pire, en réalité, un mélange de toutes celles-là) et elle m’a dit « oui, c’est vrai, c’est difficile d’avoir ce courage mais la seule chose qui compte en réalité, c’est la sincérité de votre propos ».

Et voilà, je voulais être sincère mais je manquais de courage. Et je repensais à certaines femmes qui m’inspirent et qui communiquent sur les réseaux sociaux. J’ai repensé à un échange il y a trois semaines avec Géraldine Dormoy (un de ses articles m’avait vraiment touché, alors je lui avais envoyé un mail pour la première fois en 10 ans de lecture assidue en lui racontant que je l’avais croisé une fois mais que je n’avais pas osé l’aborder parce que je me doutais que mon propos aurait été totalement insipide (« je suis votre plus grande fan !! ») et notre conversation sans grand intérêt et elle m’a répondu quasiment immédiatement  : « mais tu fais les questions et les réponses, les conversations n’ont pas de script »).

Elle avait raison bien sur. Je lui prêtais des intentions, des propos alors même que je ne savais rien d’elle ! J’étais tellement sure que la conversation serait un peu nulle que je me privais de discuter avec une personne que j’admirais !! Et pourquoi ? Encore une fois, la peur bien sur. La peur de la médiocrité, la peur d’un retour négatif. Tout comme la peur autour de mes articles, de la réaction des personnes qui me lisent, du jugement de mes pairs.

Alors, j’ai rajouté une autre décision à ma liste. Je commence par vous parler de celle-là alors que c’est la plus récente mais c’est aussi celle qui a le plus de sens.

Voila, j’ai décidé de ne plus avoir peur. Ou plutôt, j’ai décidé que je pouvais avoir peur et quand même avancer. (mais avouez que ça faisait un moins bon titre ?). Je ne sais pas combien de temps cela durera mais je vais essayer. Et nous verrons bien les réactions. Et donc, je vais écrire ce que j’ai décidé de faire de ma vie professionnelle, des nombreux choix que j’ai faits en 2018.

Et j’ai ressorti mon article « Bilan 2018 ou l’annonce de toutes ces nouvelles décisions » mais ce qui se voulait UN article s’est révélé interminable. J’ai donc plutôt choisi de faire une série de petites articles (en plus, c’est sans doute meilleur pour mon référencement, eh oui, je ne perds pas le nord !) et surtout, ce sera plus digeste pour ceux qui auront envie de les lire. 

Et pour faire un peu de teasing (et aussi un peu, j’avoue pour me forcer à publier ces articles chaque semaine à partir de maintenant), voilà la programme (cela permet aussi à ceux qui ne veulent pas lire tous les articles d’avoir un résumé très efficace de ces décisions) :

J’ai accepté de perdre.

J’ai décidé de ne plus faire de contentieux.

J’ai décidé de ne plus avoir de bureau.

J’ai décidé de ne plus avoir de collaborateurs ou de stagiaires.

J’ai décidé de facturer de nouveau au temps passé. Et j’ai donc accepté d’être chère.

J’ai décidé de choisir mes dossiers.

J’ai décidé de moins travailler.

J’ai décidé de communiquer sur mes choix.

J’ai décidé que je pourrais encore changer d’avis, de modèle économique.

J’ai décidé de créer une e-shop juridique.

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Solange Umo

Félicitations ! Vous êtes sur la bonne voie :

« Everyone wants to be brave.
Very few of us want to feel vulnerable.
There is no courage without uncertainty, risk, and emotional exposure. Brave is vulnerable.  »
Brené Brown

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Sandra Azria

Bonjour Solange, merci beaucoup de votre message et de vos encouragements. Merci aussi pour ce merveilleux poème, c’est Une belle découverte ! A bientôt

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