Faute avouée est à moitié pardonnée ?

Aujourd’hui, Natacha (pour ceux qui n’ont pas vu les épisodes précédents, Natacha est une stagiaire qui a rejoint le cabinet il y a 15 jours) m’a posé une question à laquelle je ne m’attendais pas : « je suis un peu déçue, je pensais qu’après 15 jours, vous auriez écrit un article sur Barbara et moi !(toujours pour ceux qui ne suivent décidemment pas, Barbara a également rejoint le cabinet, le même jour que Natacha) Vous racontez tout ce qui vous arrive dans votre vie professionnelle et vous n’avez même pas parlé de nous !! ».

Manifestement, Natacha était déçue et je lui ai donc fait un aveu. En réalité, j’ai écrit un article qui parlait (un petit peu) d’elle. Je l’ai même publié. Il est resté en ligne à peine une journée et je l’ai supprimé. C’est la première fois que je faisais ça (j’ai souvent eu la tentation de faire marche arrière, mais je ne l’avais jamais fait jusque là).

Et voilà, j’avoue, la semaine dernière, j’ai supprimé un article.

Pourquoi ? Tout simplement, parce que j’y faisais un aveu de faiblesse, je racontais que j’étais tombée malade et que pendant une semaine, je n’avais pas vraiment été à la hauteur.

Et donc, après quelques heures en ligne, je l’ai supprimé. Parce qu’assez rapidement, j’ai eu des mails de clients s’inquiétant de leur dossier, de leur deadline (et de ma santé aussi bien sur !!) et je me suis dit qu’il valait mieux le supprimer pour ne pas susciter de réaction négative.

Quand j’ai raconté cela à Natacha, sa réponse a été cinglante « et alors, vous n’avez pas le droit d’être malade, vous ?? ». Et je lui ai dit qu’effectivement, c’était compliqué, que pour les clients, leur avocat (oui, je suis avocat, pas avocate. Je suis totalement insensible à la féminisation des titres, mais c’est un autre sujet, alors même que je suis totalement, résolument, passionnément féministe) ne devait pas être faible, qu’une bonne partie de notre métier consiste à les rassurer sur notre capacité à gérer leurs difficultés.

Et donc, oui, j’avoue, j’ai été faible. Pas faible d’être tombée malade, pas faible d’avoir traîné pendant une semaine, non, cela c’était simplement être humain.

Ma faiblesse a consisté à fonctionner comme le font beaucoup de politiques : parier sur la médiocrité des gens, plutôt que sur leur intelligence. Je me fais souvent cette réflexion en écoutant les débats politiques « en fait, ils pensent qu’on n’est pas capables de comprendre !!! ». Et comme eux, j’ai cédé à cette tentation.

J’ai refusé de croire que mes clients comprendraient que oui, bien sur, comme tout le monde, je peux attraper la grippe et donc, être fatiguée. Et que ce n’est pas pour autant qu’ils vont retirer leur dossier du cabinet.

C’était idiot, évidemment.

Donc, parce que Natacha a attiré mon attention là dessus (et aussi, un peu pour lui faire plaisir parce que c’est un article qui parle un peu d’elle), je le remets en ligne ici. Et je fais un pari sur l’intelligence.

 

 

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